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Maroc (octobre 2012)

Après 2 jours et demi de navigation plutôt tranquille depuis Tarifa en Espagne, on arrive à la nouvelle marina de Rabat, capitale du Maroc. Il y a 2 mètres de marée et elle se situe à un mile de la mer le long du fleuve, l'Oued Bouregreg, sur la rive droite devant la medina (vieille ville) de Salé en face de de Rabat. Un bateau pilote, avec 6 officiels à bord, vient nous guider, car la houle du large déplace des bancs de sable pouvant présenter des obstacles. 

        

On a hissé le pavillon Q jaune qui annonce notre entrée dans le pays. Et l'on a droit à une visite très sérieuse et avec beaucoup de papiers à remplir de la part des officiels. D'abord les douanes, puis la police avec un chien dressé pour flairer la drogue. Mais on a plutôt l'impression qu'il cherche les provisions. Il y a une vingtaine de bateaux de voyageurs, dont plusieurs familles.

                         

Lors du départ de Rabat, voici "Boris", le chien des douaniers, un peu essouflé d'avoir dû descendre dans les coursives et assez content d'avoir pu faire ses crocs sur le doudou de Tim, un lapin qu'on a fait sécher, suspendu par ses deux oreilles. Houps! désolé pour les supersticieux, c'est trop tard... j'ai déjà prononcé le mot de l'animal aux longues oreilles, qu'on ne doit jamais dire sur un bateau. Car à l'époque, un bateau avec des lap... à bord, courrait de graves ennuis, ceux-ci rongeant les cordages et la nourriture et se multipliant à toute vitesse.

  

Porte des remparts de la medina.      

Choc culturel pour les enfants découvrant des gens très différents de "ceux de la Suisse avec des espèces de linges sur la tête et des grandes robes, même pour les messieurs", dixit Nils.  Les enfants sont très silencieux et impressionnés et pour une fois ils ne rechignent pas à nous donner sagement la main.

Il y a peu de touristes et les gens ne nous harcèlent pas, contrairement à nos craintes. Par contre dans les endroits touristiques du sud du pays cela sera différent.

 

Grande porte dans les remparts de la médina de Salé que l'on visite en trotinette, suscitant un vif intérêt de la part des enfants jouant dans un parc.

  

Beau coucher de soleil au large de Casablanca où l'on doit slalomer entre les dizaines de cargos en attente au mouillage, les barques de pêche et les filets dérivants. Le minaret de la Grande Mosquée d'Hassan II, haut de 200 mètres est un amer remarquable se voyant très loin. Elle aurait coûté plus d'un milliard d'euros! Cela laisse songeur lorsqu'on sait qu'un modeste pêcheur gagne environ 100 euros par mois.

                  

Rien de tel qu'une bonne tarte au pommes pour caler les estomacs et donner du baume au coeur durant cette longue traversée de plus de 270 miles entre Rabat et Agadir. Nous n'avions pas prévu de faire ce trajet en une fois, mais à deux reprises, lorsqu'il était possible de faire escale (El-Jadida et Essaouira), nous y passions de nuit et avec un fort vent 20 noeuds ou plus et une bonne houle de 2.5 à 3 mètres, nous n'étions pas très chauds pour tenter une entrée de nuit. C'est pourquoi on a filé au sud jusqu'à Agadir en disant aux enfants qu'au lieu d'un jour, la navigation durerait 2 jours et demi!!!

            

Les enfants adorent colorier les dessins que leur grand-papa leur envoie par mail!

  

Cette longue navigation est récompensée par une arrivée dans la belle marina d'Agadir, avec piscine! Mais l'air (25°C) et l'eau (21°C) se sont bien rafraîchis. On fait connaissance avec de nombreux voyageurs qui, comme nous, recherchent les alizés et sont en direction de la Grande Traversée.

Nils sympathise et pêche avec Benjamin et Samuel, deux jumeaux autrichiens voyageant avec leurs parents, anciens kayakistes, aussi sur un catamaran!

             

Durant cinq jours, on va changer de moyen de locomotion pour visiter l'intérieur du pays. Aie! Aie! cela fait bizarre de se retrouver dans la circulation et les feux rouges après plus de trois mois en bateau. Mais ça va vite une voiture....zut, où est le klaxon? 

      

On visite le Haut-Atlas dans la région de Ouarzazate, renommée pour ses environs aux superbes paysages de désert et d'oasis avec de nombreuses citadelles perdues dans les montagnes ou au fond des vallées. Les paysages sont dignes de westerns ou de films tels que "Lawrence of Arabia", et ce n'est pas un hazard si ce dernier ainsi que de nombreux autres films ont été tournés dans cette région.

               

Un puissant orage fera "reverdir" le désert, avec des fleurs comme celles ci- dessous, éclosant en quelques heures.

      

Lors d'une ballade le long d'une crête nous observons une quantité de pierres d'origine volcanique en forme de boules de toutes tailles, qui constitue un formidable terrain de jeu.

              

Le ksar d'Aït-Benhaddou datant du 11ème siècle, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, a servi de décor grandeur nature à de nombreux films.

     

Le lendemain le soleil et la chaleur sont revenus et la neige a soupoudré les sommets les plus élevés de l'Atlas, dont le point culminant d'Afrique du Nord à 4165 mètres: le Djebel Toubkal.

              

Les faibles précipitations ont permis de conserver dans un relativement bon état ces citadelles contruites il y a plusieurs centaines d'années avec de l'argile, de la paille et des pierres.

    

Visite insolite d'une herboristerie un peu aménagée pour les touristes, mais qui ne manque pas d'intérêt et où Delphine passe une bonne heure à tenter de reconnaître les plantes se trouvant dans les bocaux. A-t-elle déjà la nostalgie de son métier???

Vous observerez qu'on n'y trouve pas que des plantes, mais aussi des caméléons séchés "servant à chasser le mauvais oeil et à apporter la protection". Après quelques hésitations, on a préféré continuer de consulter nos fichiers gribs et les avis météo et de boire une verveine plutôt que se risquer dans d'hasardeuses décoctions pour la suite de notre voyage.

De nombreux pigments naturels sont aussi présentés dont le bleu indigo, servant à teindre les turbans des touaregs, indigo étant une couleur qui éloigne les mouches et autres insectes. A retenir...

           

Paysages magnifiques.On se croirait à l'époque des grandes caravannes.

     

Tim pense qu'il peut donner à manger aux chameaux comme il le faisait aux vaches à côté de notre maison en Suisse. Mais rapidement il comprendra que ces bêtes-là ont du "caractère"! 

     

Scène rurale sur une piste que l'on a pris par mégarde. En plusieurs siècles, on voit que l'architecture n'est pas forcément devenue plus esthétique!  

 

Nils à la foire aux moutons, mais on a refusé de lui acheter un agneau, prétextant un manque de place dans la voiture...Quand à Tim, c'est plutôt un serpent qui l'intéressait, pour le "manque de place", là on était plus embêté, on a dû trouvé une autre excuse!

Voilà les jours et les semaines passent à toute vitesse, et il ne reste déjà plus que quelques jours avant la visite des grands-parents à Lanzarote. Alors il nous faut ne pas manquer la brêve "fenêtre météo" qui s'annonce pour entamer la traversée depuis Agadir sur les îles Canaries. Après quelques barques de pêches sentant la sardine à plusieurs centaines de mètres, nous ne croiseront quasiment aucun bateau, ce qui nous permettra d'avoir deux nuits en mer plus calmes que lors des navigations le long de la côte plus au nord où il fallait slalomer entre les barques de pêches et les cargos. 

     

Durant cette traversée, nos seules recontres seront, à trois reprises, des groupes de 10 à 15 dauphins surfant dans la houle et devant nos étraves pendant une dizaine de minutes à chaque fois. Ce sont des moments magiques, hors du temps, qui émerveillent toute la famille et font paraître dérisoires les longues heures de traversée.

En quittant le continent africain, on sent que la Grande Traversée s'approche et qu'une nouvelle page s'ouvre.

 

2012 octobre Maroc
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