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Ile de Bonaire, Antilles Néerlandaises (décembre 2013)

Voilà, cette fois on est enfin prêt à quitter les Antilles pour poursuivre notre voyage vers l'ouest. Les différents réglages et réparations sont terminés, les cales sont pleines de bons produits français, en vue de nos longs séjours en mer dans des zones moins bien achalandées (San-Blas, Pacifique).

On est tout content de reprendre la mer avec de grandes traversées. Trois belles nuits en mer nous attendent sans aucune autre lumière que celle des étoiles ou de la lune et comme seul bruit celui des vagues. La destination au départ de Ste-Anne en Martinique est l'île de Bonaire à 470 miles, soit plus d'un demi fuseau horaire. On fera une moyenne de 6.3 nds sur les 3 jours avec pour seule voile, le parasailor, le spinnaker avec lequel on avait déjà fait toute la transat. Un alizé modéré de 15 nds souffle et ce n'est qu'à l'approche de Bonaire qu'on aura droit à quelques grains impressionnants. 

                       

On quitte un peu nostalgique et ému nos amis du bateau WENNIG qui nous suivent un petit moment en annexe et l'équipage d'ALOHA SPIRIT qui nous salue à la radio VHF. Que de bons moments passés ensemble. La grande page des Antilles se tourne et on saisit l'importance de ce moment dans notre voyage. La décision de continuer à l'ouest avec pour but de rejoindre au printemps les eaux du Pacifique est en quelque sorte un chemin sans retour et ce choix nous a beaucoup préoccupés et interrogés par son caractère irrévocable. D'autant plus qu'on n'a croisé que deux familles suivant le même chemin depuis un an et demi de voyage.

Les enfants, en ouvrant chaque jour la porte du calendrier de l'Avent, nous rappellent que Noël approche et Nils envoie un message qu'il a écrit lui-même au Père Noël, dans un bocal qu'il jettera à la mer avec les coordonnées GPS du mouillage de Bonaire.

 

Au loin sous le gros cumulus, on aperçoit un petit point: c'est NEW DAWN, un voilier danois Halberg Rassy de 53 pieds qui a quitté en même temps que nous la Martinique. Comme il n'y a nulle autre âme à l'horizon, on décide de le contacter à la VHF pour lui demander s'il va aussi à Bonaire. La réponse est positive et on décide de faire le parcours ensemble et de se tenir au courant. Quelques heures plus tard, ils nous appellent tous contents d'avoir pêché un espadon de deux mètres et pesant 40 livres. Promis, ils nous en donneront un morceau une fois arrivés à Bonaire!

Nos compagnons de traversée nous l'offriront autour d'un apéro et nous les rencontrerons enfin après leurs avoir parlé durant 3 jours à la radio. Durant cette traversée, nous aurons aussi la visite de dauphins et croiserons des chalutiers vénézuéliens qui nous frôleront de près la nuit sans cible AIS, merci le radar. D'où l'importance de faire les quarts de nuits!

Le dernier jour au matin on observera une tornade (trombe d'eau) à deux miles environ de notre bateau. Très impressionant, tant que j'ai sorti un peu tard mon appareil de photo pour vous la montrer. On n'aurait pas voulu s'y frotter. On arrive enfin à Bonaire, même pas trop fatigué. On commençait juste à prendre le rythme des grandes traversées.

Arrivés le 8 décembre à Bonaire, nous y resterons jusqu'à mi-janvier, car nous accueillerons d'abord notre ami suisso-canadien Jérôme, sa fille Ennea et sa compagne Kelly, puis les parents de Delphine viendront début janvier nous rendre visite.

On est impressionné par la grandeur des bateaux de croisière qui arrivent 1 à 2 fois par semaine et déversent pendant quelques heures leurs foules colorées de touristes de toutes sortes. Une bonne partie de l'activité de l'île en dépend et le jour des bateaux c'est l'effervescence. L'autre secteur rentable de l'île c'est la plongée. Elle est classée dans les 10 meilleurs sites mondiaux. L'île entière est un parc maritime où l'on ne peut ancrer, ni pêcher. Les voiliers s'attachent donc sur des bouées solidement fixées à des corps morts. 

Bonaire est depuis 2011 un département d'outremer de la Hollande. Les langues parlées sont le papiamento, l'hollandais, l'anglais et l'espagnol. Il y a un grand mélange culturel entre les descendants d'esclaves africains, les Hollandais et les Vénézuéliens.

 

Tim très fiers de son costume de bain de pirate et Ennea qui fait des acrobaties sur les cordages des paquebots!

Un bon petit Mojito au bar local.

Les activités au mouillage de Bonaire se partagent entre plongée sous-marine et planche à voile pour les grands et baignades et trotinettes pour les plus petits.

Le trampoline est aussi très apprécié en fin de journée. C'est le balcon. A contrario au cockpit qui est la terrasse.

 

Anciennes huttes où dormaient les esclaves travaillant dans les nombreuses salines du sud de l'île.

 

L'île étant très plate, on voit les montagnes de sel au loin. Les enfants diront que ce sont des montagnes de neige car on est bien en hiver par ici.

Animal incontournable de Bonaire: les ânes apportés par les colons espagnols. Ils sont retournés à l'état semi-sauvage dans l'île.  

 

Les flamants roses et les iguanes font également partie du décor.

 

L'arbre à calebasses, très étonnant, car ses fruits poussent aussi bien sur les branches que sur le tronc. Rapace typique de l'île dont j'ai oublié le nom. Il n'a pas peur de se piquer les pattes sur les cactus.

 

Le pick-up est la voiture la plus courante par ici, les routes n'étant pas en bon état.

Assez juste cette phrase! (Trad. Vous ne pouvez regrettez que ce que vous n'avez pas fait.)

Sur la côte nord-est exposée à la houle et au vent, il y a de nombreuses "boka" dans lesquelles s'engouffrent les vagues en provoquant de grosses vagues et de grosses gerbes d'eau.

 

Jérôme et son amie Kelly lors d'une de nos traversées vers un spot de plongée.

Devinette: Que font deux amis suisses quand ils se retrouvent? Eh! bien ils partagent une bonne fondue au fromage. Ce soir ce sont Ennea et son Papa nous la prépare. Miam! On s'est bien régalé.

Ensuite c'est le moment tant attendu des enfants, l'histoire avant d'aller au lit. Eh! Ennéa on t'as vu par le hublot!

Depuis début décembre les alizés se sont remis à souffler et à Bonaire ça souffle tout le temps, d'où son nom donné par les colons français. Mais le 24 décembre, le Père Noël a commandé une accalmie pour pouvoir distribuer les cadeaux avec son traîneau, alors nous on en profite pour mettre le cap plein est à 35 miles de Bonaire pour aller passer Noël sur l'archipel vénézuélien de Los Aves (trad. les oiseaux en espagnol). Nils vérifiera bien qu'on dise exactement à la douane où on se rend pour que le Père Noël puisse lui apporter qu'il lui a commandé.

De nombreux pélicans se régalent dans les eaux poissonneuses des Aves et la nuit c'est un véritable brouhaha de cris d'oiseaux qu'on entend. Cela nous change des bruits des discos et karaoké du Karel's Bar du mouillage de Bonaire.

Los Aves ne sont que quelques petits îlots de sable et récifs corraliens inhabités divisés en deux parties (Sotavento et Barlovento), sauf un par une quinzaine de gardes-côtes vénézuéliens. Ils ne viendront inspecter notre bateau que le 27 décembre, une fois les festivités de la "Navidad" passées. A notre grande chance. Ainsi, nous aurons pu y passer 4 jours au lieu des 24 heures tolérées habituellement.

N'ayant pas de vrai sapin sous lequel déposer les cadeaux le jour de Noël, on décide d'aller faire une chasse au trésor sur l'île.

Les enfants sont ravis et cherchent avec excitation les cadeaux dispersés sous les cocotiers et dans les buissons entre les cactus.

Ledébalera

Le tout est ramené sur ONIVA où les paquets sont ouverts pour ne pas les abîmer.

 

Estelle est aux anges avec la panoplie de princesse qu'elle a reçue.

Le soir, c'est filet de boeuf et une bonne bouteille, suivi par des chants de Noël joués en duo à la flûte soprano par Jérôme et alto par Delphine.

Quelques habitants des Aves.

Jérôme s'essaie à la planche à voile avec grande motivation tandis qu'Estelle préfère sa planche rouge qui lui donne un joli rayon d'action.

Sourire tout le monde du haut de l'unique phare (en plastique!) de l'archipel.

Mais quel beau château! Le sable est tellement blanc que les lunettes de soleil sont indispensables.

Le lendemain en faisant du snorkeling Tim tente une expérience scientifique sur la flotaison des objets. L'objet choisi n'est autre que ma caméra sous-marine Gopro qui n'est malheureusement pas munie d'un flotteur. Résultat attendu, l'objet coule dans un lieu où il y a du courant, Tim ne dit rien. Puis 10 minutes après lorsqu'on a quitté le lieu de plongée, il se rend compte qu'il a fait une grosse bêtise et nous le dit. On essaie de le retrouver, mais en vain, car on ne sait même pas vraiment bien où il a coulé.

Le lendemain Jérôme propose d'aller faire du snorkelling vers l'endroit supposé. On cherche un moment. Rien! Le soir il me présente un sac avec devinez quoi dedans? Ma caméra... On n'en revient pas! Comment il a pu tomber dessus par hasard dans cet immense lagon sans localisation précise et comment Ennéa qui était avec lui a pu tenir le secret toute la journée! Ayant au préalable offert à qui la trouverait une bouteille de champagne et du chocolat, c'est ce que nous fêtons ce soir-là avec le fin nectar.

Nos amis repartent vers leur Canada enneigé après un sympatique séjour passé ensemble. Quelques heures après leur départ, on apprenda par mail le décès d'un ami commun, Patrick, très cher à Jérôme et à nous, avec lequel nous avons fait tant de sorties en kayak, de week-end en montagne et passé tant de vacances depuis notre adolescence. Nous sommes très attristés et regrettons de ne pas pouvoir être en Suisse pour soutenir son frère Ralph et sa famille que nous avions accueilli à bord le printemps dernier. Même éloigné de notre pays, nous avons l'impression d'un vide.

Que tu puisse reposer en paix Patou!

Puis l'année 2013 se termine doucement en ratrappant le retard qu'on a accumulé avec l'école de Nils, les divers travaux de rangement, de nettoyage et de maintenance. Ainsi s'achève une année et demi de voyage, plus de 15000 km parcourus, 22 pays visités. Un véritable kaléidoscope d'images, d'expériences et d'aventures en famille.

Nous vous souhaitons une très Belle et Heureuse Année 2014!

Delphine, Huaras, Nils, Tim et Estelle.

 

2013 décembre Bonaire
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