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 Ile de Saba (mai 2013)

C'est avec soulagement qu'on aperçoit la spectaculaire île volcanique de Saba après une navigation pénible depuis les îles Vierges (Virgin Gorda) d'une durée de 20h en luttant contre une houle de 2 mètres venant de travers et des bords au près serré contre un vent de 15 à 25 noeuds. Nous sommes partis en fin d'après-midi pour traverser durant la nuit pour ménager les enfants afin qu'ils passent la majeure partie de cette traversée en dormant dans leurs cabines. En effet lorsque les conditions sont difficiles, il vaut mieux que les enfants soient couchés et que nous puissions nous concentrer sur la navigation.

Pour pimenter le tout, il y a quelques grains avec de beaux éclairs qui illuminent la nuit. Heureusement lorsque les nuages s'écartent, la lune nous éclaire suffisament. Huaras ne me laissera prendre le quart qu'au petit matin, tellement cette situation contre la houle et le vent ne lui plaît pas du tout. Je ne m'en plains pas et essaie tant bien que mal de dormir un peu. Au matin, les enfants font une drôle de tête en voyant que ça bouge dans tous les sens et avant qu'il ne soit trop tard, ils ont chacun droit à un médicament contre le mal de mer. Ce n'est que la quatrième fois en 10 mois de navigation qu'ils en reçoivent un! Heureusement à la fin de la traversée, les choses se calment.

On arrive lessivé mais ébloui par cette beauté sauvage qui s'offre à nos yeux. Cette île quasi circulaire ne possède pas de port ou d'abri correct. Il y a juste trois bouées mises à l'endroit de l'île le moins exposé à la houle et au vent, mais comme l'île est ronde et petite, cela ne suffit pas à en faire un mouillage calme. Mais par rapport à ce qu'on vient de vivre, cela nous paraît adéquat.

Huaras prépare les amarres pour s'accrocher à la bouée. Nous appercevons quelques maisons accrochées aux flans du volcan.

Repos bien mérité avec son Papa!

Nous sommes amarrés en face d'une des seules petite plage de sable de l'île. Les fonds marins font partie d'une réserve maritime où il est interdit d'ancrer. Le site est spectaculaire pour la plongée et nous n'avons jamais vu une eau aussi transparente qu'ici. Toutefois, les récifs corraliens sur fonds de sable noir descendant rapidement créent une ambiance un peu inhabituelle voire légèrement inquiétante. Surtout qu'il n'y a personne d'autre que nous qui fait du snorkelling. A peine dans l'eau, nous voyons de nombreux barracudas, tortues, langoustes et surtout une multitude de poissons très colorés.

Le calme et le repos enfin...

Nils se passionne pour tout ce qui est technique. Il veut tout faire comme son Papa. A 6 ans, il sait déjà très bien démarrer l'annexe et la conduire presque tout seul. Maintenant , ne v'là-ti-pas qu'il veut apprendre cela à son petit frère de 4 ans.

Fresque murale vers la seule digue qui permet aux bateaux de décharger la marchandise en étant protégés. Tim et Nils rêvaient de voir un requin-marteau. Voici qui est fait! 

Par contre, pas de port digne de ce nom. Les bateaux doivent ensuite s'amarrer à l'extérieur de la jetée sur bouée.

Traduction: "Pas de corde, de casiers (à langoustes), de drums (tambours des Caraïbes) et de peaux de vaches à cet endroit". C'est bien compris, n'est-ce pas?

Charmante petite demeure. Sur l'île, l'unité architecturale a été très bien préservée et toutes les maisons sont blanches, aux volets verts et toits rouges.

Scène villageoise.

C'est la saison des mangues qui commence et les branches croulent sous le poids des fruits. Nous ne manquons pas de nous délecter de ces délicieux fruits qui ont peu de point commun avec ceux rencontrés sur les étals de nos supermarchés. 

Etonnamment la plupart des bâtiments sont de petites tailles, car avant qu'ils ne construisent en 1943 la route et la digue permettant le déchargement des bateaux, ceux-ci restaient au large et la marchandise était amenée sur la plage dans de petites barques, puis transportée à dos d'homme en gravissant plus de huit cents marches bien nommées "The Ladder" (l'échelle). C'est pourquoi il n'était pas possible de transporter des planches de plus grande taille, ce qui par conséquent a limité la taille des bâtiments.

Nous avons descendu ces huits cents marches, et bien, on n'ose pas imaginer la difficulté et les efforts pour la population de s'approvisionner avec des produits venant de l'extérieur. Heureusement la richesse de la végétation et de la mer a permis aux habitants de vivre longtemps en autarcie.

                            

Nils compte les marches pour vérifier qu'il y en a bien 800!

Jusqu'en 1943, "The Ladder" était le seul accès à l'île depuis la mer!

Huaras vient nous rechercher en annexe.

Resto sympa et très bien tenu.

Eglise à "The Bottom", le chef-lieu de cette ìle qui ne compte que 2 villages.

Vue sur "The Bottom", village principal perché  au dessus de la mer. La particularité de l'île de Saba est qu'elle compte 1500 habitants et 400 étudiants en médecine qui peuvent suivre les 5 premiers semestres de leurs études dans une université américaine installée ici. Partout l'on croise ces étudiants, ce qui met de la jeunesse et du dynamisme dans la population. Cela est aussi une manne pour l'île qui autrement n'a pas tellement de ressources à part la pêche et un éco-tourisme naissant.

                       

On tente l'ascension du sommet volcanique principal, même si l'on nous a regardés d'un air sceptique lorsqu'on a dit qu'on voulait le faire avec nos 3 enfants. Là aussi on a eu droit aux escaliers. 1069 marches, c'est inscrit sur le panneau en bas du sentier! 

                                               Heliconias en fleurs.

C'est la jungle, il y a une variété incroyable de plantes et Delphine en est ravie.

Au sommet, on est perdu dans le brouillard et on ne voit rien. Il y a des fougères géantes et d'énormes feuilles appelées oreilles d'éléphants. Cette humidité permanente et la fraîcheur tout relative sont propices autant aux bananiers qu'aux framboisiers! C'est assez insolite de manger des framboises dans la forêt tropicale et on a une petite pensée émue pour notre maison où les framboises qui, comme ici, poussent toutes seules dans notre jardin en Suisse.

L'île de Saba étant une colonie autonome des Antilles Néerlandaises, il est inscrit sur le panneau au sommet du volcan, que ce sommet est bien le point culminant de la Hollande, soit 877m.

Petite maison sympa pour vivre tranquille. 

Au mouillage, il n' y a qu'un seul voisin. Et loin derrière. De la place! On a peine à se croire aux Caraïbes. Il faut dire que peu de navigateurs font l'effort de venir ici au vu des conditions de vent difficiles et du mouillage garanti rouleur. Pourtant, cette île est devenue une de nos préférées.

Au revoir la belle Saba qui nous a beaucoup plus. C'est un petit paradis pour la randonnée dans  une végétation magnifique. Il faudra qu'on y revienne une fois, mais en logeant à terre, car en bateau elle reste difficile d'accès.

 

2013 mai île de Saba
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