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2013 Tobago-Martinique (novembre)

Les alizés virant au nord-est à 10-15 noeuds et la houle est de 1.5m de travers. La fenêtre météo est à saisir si l'on veut se rendre à l'île de Tobago faisant partie de l'état de Trinidad et Tobago. 

Nous partons des Grenadines (Carriacou), pour avoir un meilleur angle par rapport au vent que si on était parti de Grenade. Ce sera du près de toute façon, car depuis les Antilles on ne retourne pas facilement à l'est. La lune est pleine et on retrouve avec délice les joies d'une belle traversée nocturne. Nos amis du bateau Wennig nous accompagnent mais assez vite nous les perdons de vue car ils sont moins rapides. Nous nous encourageons cependant mutuellement par VHF dans ce long bord de près, puis les enfants se couchent pour ne se réveiller le lendemain au mouillage dans la magnifique baie de Charlotteville à Tobago. On y arrive à 5h00 du matin et mouillons par 15 m. de fond dans cette baie profonde et peu propice à la plaisance. Fatigués, on va dormir un moment avant que les enfants ne se réveillent. 

Le mouillage est dans un cadre sauvage avec en toile de fond une végétation luxuriante où gazouillent une multitude d'oiseaux. Nous sommes devant une plage où les rouleaux se brisent parfois assez violemment rendant le débarquement en annexe parfois hasardeux. Nos amis américains l'ont expérimenté à leurs dépends, se retouvant submergés avec toutes leurs affaires flottant autour d'eux. Heureusement à plusieurs nous avons pu les aider à repartir en ayant tout récupéré.

Il y a de nombreuses barques de pêche qui ont des cannes à pêche en bambous avec lesquelles ils ramènent de beaux poissons. "On dirait qu'ils ont des antennes de langoustes ces bateaux"  s'exclame Maïwenn, la petite de nos amis Wennig.

Charlotteville est un village de pêcheurs situé tout au nord de l'île de Tobago et un peu retiré du reste de l'activité de l'île. Les routes d'accès sont sinueuses et sur place il n'y a rien qui se passe, à part l'activité des modestes pêcheurs et la présence de quelques bateaux de voyageurs.

On loue une voiture pour aller visiter le reste de l'île par voie terrestre. Comme nous venons de l'apprendre, ces temps-ci il est déconseillé de faire du cabotage seul ou même à plusieurs dans cette région car quelques semaines auparavant, deux bateaux seuls, dans une baie distante de dix miles d'où nous sommes ancrés se sont faits attaquer très violemment. Alors on préfère être prudents et renonçons à faire le tour de l'île à la voile.

On trouve de beaux vestiges d'un moulin et d'une ancienne plantation de canne à sucre avec une machinerie venant des aciéries écossaises de Glasgow.

Superbe vue sur l'île de Little Tobago et Tyrell Bay.

Voici à quoi ressemblent les routes du nord de l'île où l'on ne croise presque personne. La végétation est très impressionnante. Il y a beaucoup de bambous, mais aussi d'immenses arbres tropicaux, car ici on se trouve en dehors de la zone cyclonique et il n'ont pas pu ête déracinés par des ouragans contrairement au reste des Antilles. 

Avec ces bambous on pourrait fabriquer une belle cabane, n'est-ce pas?

Englishman's bay, une baie fabuleuse comme dans les histoires de pirates. Avec de la jungle partout, du courant, des gros rouleaux et quasiment personne. Ah! Si un  ragondin peu farouche.

Encore une vue tellement cette baie nous a plu.

Souriez les enfants, les mami-paparazzis vous guettent.

En compagnie des Wennig on remonte une petite rivière jusqu'à une cascade qui nous amène un peu de fraîcheur dans ce climat chaud et très humide.

Là, c'est sympa! On  fait nos adieux aux Wennig avec qui on a passé de si bons moments. Ils remontent en Martinique puis retraverseront l'Atlantique jusqu'en France. So long!

   

"No life guard on duty" dit le panneau, mais comme il n'y a pas de baigneur c'est pas grave.

Jolie baie de Castara.

Et voilà, c'est le temps de repartir avant que l'alizé ne forcisse la semaine prochaine. On dit au revoir aux équipages de Kesta et Lady Athena qu'on rencontre dans ce mouillage tout à fait par hasard. On s'était contacté par l'intermédiaire d'un ami commun et on avait prévu initialement d'aller ensemble aux îles Roques au Vénézuéla. Mais devant la détérioration de la sécurité dans ce pays et plusieurs affaires récentes parfois tragiques, ils ont changé leurs plans et renoncent à visiter ces endroits-là.

Avec Huaras on est un peu déçus et puis on se dit que finalement c'est peut-être mieux comme ça. On va également renoncer à y aller tout seuls. On ne veut pas prendre le risque d'avoir un pépin dans un pays qui possède l'un des taux d'homicides les plus élevés (72/100'000 habitants par an). Alors on retourne sur Grenade pour préparer l'avitaillement et la traversée sur Bonaire.

Une des occupations favorites à bord ou lorsque la traversée est calme.

On retrouve Grenade sous un ciel chargé. Quelle n'est pas notre surprise, lorsqu'on veut faire de l'eau avec notre déssalinisateur, d'entendre un bruit inquiétant. Vu qu'il est tout neuf et qu'on vient de le faire installer et qu'Huaras ne sait pas trop si c'est la courroie qui est mal tendue ou une pompe qui est défectueuse, on prend la décision de remonter en Martinique voir notre ami qui l'a installé lorsqu'il était venu à Grenade.

Cela veut dire 2 à 3 jours de navigation de près et beaucoup de moteur lorsqu'on sera sous le vent des îles pour être protégé de la houle qui a augmenté maintenant. Mais on prend notre mal en patience et on remonte.

Faisant bon coeur contre mauvaise fortune, on finit par se trouver toutes sortes de bonnes raisons de remonter en Martinique. Ce sera les saucissons pour les uns, le foie gras pour les autres, le chocolat, les barquettes LU, la purée de marron, les pâtés et puisqu'on y est, encore des livres pour les enfants, etc... la liste des courses est longue tout à coup. Ciel, on va couler avec tout ce poids, s'exclame le capitaine. "Mais non, voyons Papa tu n'avais pas dit qu'un cata c'est insubmersible? répondent les enfants. Il aura bien fallut deux trajets avec l'annexe remplie à ras-bord pour acheminer toutes les courses.

Petite halte à Tyrell Bay sur l'île de Carriacou.

Wouah! Ce que ça file. Au revoir les Grenadines.

Les enfants en pleine forme.

L'île très montagneuse de St-Vincent au crépuscule.

  

On arrive au pied des 2 Pitons de l'île de Ste-Lucie à 4 heures du matin, petit somme jusqu'à 9h, puis on trace jusqu'en Martinique.

Arrivés au Marin, c'est un peu la course car dans 4 jours en repart vers Bonaire. Encore une fois, si on veut avoir de belles traversées, il ne faut pas laisser passer la nouvelle fenêtre météo qui se profile et partir avant que l'alizé ne forcisse et la mer avec.

Alors on dévalise le supermarché muni de la longue liste de commissions et on entasse tout ça dans la petite voiture. Il nous faudra 2 trajets en annexe pour transporter le tout. Les lessives, le réglage du déssal qui maintenant fonctionne à merveille, un contrôle et une modification du câblage des batteries, quelques pièces de rechanges et c'est parti, cette fois-ci on est fin prêt pour ce nouveau départ à l'ouest. Une nouvelle étape importante de notre voyage. 

C'est à peine arrivé au mouillage de Ste-Anne que l'on retrouve les copains que l'on avait quittés il y a peu, Wennig et Aloha Spirit. Petite séance cinéma pour les enfants après une belle après-midi passée dans l'eau.

On revoit aussi avec grand plaisir l'équipage de Stand By Me qu'on ne croyait pas revoir de sitôt. En effet, ils laissent leurs bateaux au Marin et rentre en France pour développer d'autres projets plus terrestres cette fois-ci. On leur souhaite beaucoup de succès et se réjouit de les revoir plus tard.

Echanges culturels trans-francophoniques de rigueur, voici un quatre heures pour les enfants transformé en cinq-à-sept pour les parents. Voilà, ce coup-ci c'est bien le der des der des Antilles, car ici nos chemins se séparent vraiment cette fois-ci.

On est un peu nostalgique que la page Antilles se tourne, mais en même temps on est très curieux et enthousiaste quand à la perspective de la suite de notre voyage et à toutes les découvertes qui nous attendent.

 

2013 novembre Tobago
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