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2013 Grenade et les Grenadines (octobre-novembre)

Nous voilà revenus à Grenade, au sud de l'île, où nous avions laissé durant 3 mois Oniva se reposer bien au sec au chantier de Grenada Marine. Pendant ce temps nous avons fait une longue escale terrestre en Suisse et aux USA pour échapper à la moiteur de la saison cyclonique des Caraïbes.

Nous sommes ravis de voir qu'Oniva est en parfait état, qu'il a bien été aéré toutes les 2 semaines pendant notre absence et que les déshumidificateurs ont été efficaces. Pas de vermine non plus. Seules quelques petites traces de moisissures étaient visibles sur le contour des hublots de pont.

Il faut dire que nous y avions passé du temps à mettre toutes nos affaires, livres, habits, literie, etc.. dans des sacs plastiques. Puis passé toutes les vaigrages, les parois, les sols et les plafonds au vinaigre blanc.

Maintenant il va falloir tout ressortir, ranger et refaire un avitaillement complet. Tout cela dans une chaleur (28-35°C) et une humidité très pénible à supporter après l'air frais et sec des hauts plateaux américains. On est un peu déboussollé et on se demande comment on va pouvoir à nouveau supporter ce climat tropical moite et poite. On sue même à grosses gouttes sans bouger et on manque sérieusement de peps!

Mais le boulot nous attend, il faut tout refaire dans le sens inverse tout en s'occupant des enfants qui heureusement se montrent relativement calmes et patients. Il faut dire qu'ils en font des retrouvailles avec leurs livres et jouets.

Huaras refait tout l'antifouling des 2 coques. Cette fois-ci au lieu de coques cuivrées, on aura de belles coques rouges. Il se lève tôt le matin pour avancer le plus vite possible avant que les orages et les pluies diluviennes des fins d'après-midi nous arrosent. Il est tellement concentré qu'on n'ose pas le déranger pour la photo.

Pour rendre le retour moins rude, on a loué un petit appartement à Grande Anse pour une semaine avec air conditionné et gros ventilateurs, ce qui nous permet, le soir venu, d'échapper aux attaques féroces des moustiques du chantier. J'en profite aussi pour faire l'école avec Nils le matin au frais pendant qu' Huaras va seul au chantier. En effet on a aussi du retard scolaire à rattrapper. C'est l'apprentissage de la lecture et il faut s'accrocher.

Même la pluie est chaude et elle transforme le chantier en un marais géant où seuls les moustiques y trouvent leur bonheur.

La valse des capots a repris de plus belle, on ouvre, on ferme, puis on ouvre à nouveau pour faire sécher jusqu'à ce qu'une minute d'inattention remouille le tout. On ne trouve pas ça drôle du tout contrairement aux enfants qui sortent leurs maillots de bains pour jouer à la lessive avec les poupées.

Aujourd'hui c'est un peu Noël pour notre ami Pierre, il débale ses nouvelles voiles toutes neuves qu'on est allés chercher ensemble avec notre voiture de location à St-Georges.

Nos amis de Bayalé, Pierre et Danièle, en voyage depuis plusieurs années sur leur catamaran, sont aussi au chantier pour refaire leur antifouling. Pierre va également nous installer un déssalinisateur de 200 litres/heure pour remplacer le nôtre qui commence à donner des signes de faiblesse et qui ne faisait plus que 30-40 lt/h. C'est une amélioration conséquente pour notre confort et notre autonomie énergétique. Enfin on peut prendre des douches et faire des lessives sans se dire que ça va encore nous faire une heure de déssal.

On profite aussi de changer le parc complet de batteries simples au plomb, par 4 batteries AGM de 200 Ah sans entretien. D'autant plus que depuis le départ nous avions un assortiment un peu disparate de batteries. On change aussi la pompe d'eau de mer qui s'est bloquée en étant plus employée pendant 3 mois, on fait un service moteur inbord et hors-bord complet et plusieurs autres menus détails afin d'être fin prêts pour la suite du voyage. La carte de crédit chauffe sec et les journées passent de façon assez monotones et laborieuses. Cela fait aussi partie du voyage et les escales techniques on les aime le moins souvent possible. Huaras se met à regretter l'entretien simple que demande une maison par rapport à la complexité de celui d'un bateau.

Mais toutes les bonnes choses ont heureusement une fin et c'est avec une joie certaine qu'on voit le travel-lift rapporter Oniva dans son élément aquatique.

La mise à l'eau est toujours un moment riche en émotions et tout de même un peu inquiétant.

Bye, bye Grenada Marine sous la direction du premier mousse.

Le sympa petit resto de plage du chantier.

Grenada Marine entourée d'une forêt tropicale luxuriante qui n'a pas poussé sans pluie.

  

Le petit port du phare bleu, un bateau-phare de plus de 100 ans amené par ses propriétaires suisses depuis la Suède. On y mange une bonne pizza avec nos amis québecois de Aloha Spirit qu'on a retrouvés avec beaucoup de plaisir.

Les parents barbotent et papotent une fois que l'école quotidienne est finie.

Nils en fait autant avec ses copains Camille et Eugène (III).

Et voilà qu'Eugène (II, le Papa) est demandé pour tirer le petit train sur la plage de sable blanc de l'île privée luxueuse de Calvigny que l'on a rien que pour nous.

Et les journées s'égrènent paisiblement entre école, entretien du bateau, promenades, baignades et apéros. On retrouve avec plaisir la petite routine des navigateurs.

 

Nous quittons Aloha Spirit que nous reverrons plus tard aux Grenadines. Et allons dans une des baies suivantes pour revoir les Wennig, nos amis de Thonon avec leurs deux enfants.

ça y est eux aussi on réparé quelques bricoles et on va ensemble à St-Georges.

Céline et Erwann, qu'on n'avait pensé ne plus revoir avant longtemps, ont changé durant l'été leur programme de navigation et grâce à cela on aura le plaisir de naviguer ensemble les prochaines semaines. Ils furent la première famille avec qui on avait sympatisé, il y a plus d'une année lorsqu'on était à la Gomera, aux îles Canaries.

Ce plaisir semble aussi partagé par les enfants.

Tim ne peut se retenir de prendre à Ewenn quelques barquettes LU à la framboise, ses biscuits préférés qu'il n'a plus mangés depuis longtemps.

Lorsqu'Oniva retrouve Dingod'îles cela fait beaucoup d'enfants et 2 paires de jumeaux-jumelles. Estelle est ravie d'avoir 3 petites copines de son âge d'un coup. Et c'est sous une pluie battante que les deux familles partent ensemble découvrir St-Georges , la charmante capitale de Grenade.

Belle pêche, non? Tout ce petit monde finira par se réfugier pour se faire sécher dans le musée national qui, par ses collections présentées, semble très provincial. Enfin on ne va pas se plaindre, c'est le premier musée qu'on visite aux Antilles. Alors un peu de culture et d'histoire, aussi sommairement soient-elles présentées, ne nous feront pas de mal.

Le 31 octobre, c'est Halloween qu'on fête avec plein de pizzas et de décibels en compagnie de nos amis de Dingod'île et leurs 5 enfants au restaurant niché au fond de la baie de Secret Cove. Tellement Secret la Cove qu'on n'y serait jamais arrivé si deux autres yatchies ne nous avaient pas guidés.

Nils s'amuse comme un fou avec les nombreux enfants présents et ils dansent sans arrêt pendant que dehors tombe une pluie diluvienne.

Un bout de pizza ça fait du bien, n'est-ce pas Thomas?

Et le lendemain soir c'est au chantier de Grenada Marine que l'on ressort les déguisements pour aller fêter Halloween, cette fois-ci avec les enfants des employés du chantier ainsi que quelques enfants des bateaux.

La femme du patron du chantier a préparé des toasts "dirty bandages" avec de la confiture rouge, des "dirty Q-Tips" avec du peanut butter. Il y a des toiles d'araignées partout et des petits fantômes pleins de bonbons. On n'avait jamais fêté Halloween et cette année on l'a fêté deux soirs de suite. Vous voyez qu'on s'adapte aux coutumes.

 

Le lendemain en visitant un vieux fort dominant St-Georges on y retrouve des restes de déco d'Halloween dans les souterrains du fort. Et même un squelette phosphorescent, qui après les avoir surpris, amuse les enfants.

Vue sur le mouillage et la Marina de St-Georges.

St-Georges a gardé son cachet  avec beaucoup de bâtiments coloniaux britanniques en bon état.

Certaines rues y sont très raides. 

La petite bourgade de pêcheur de Goyave. Il n'y a presque que des maisonnettes en bois à même le sable ou accrochées en bordure de forêt.

Beaucoup de barques de pêche sur la plage de Goyave. Tim adore ce nom car le jus de goyave est son jus de fruit préféré.

Ile volcanique en pain de sucre au nord de Grenade. Dans cette zone il y a le seul volcan sous-marin actif des Antilles. Une zone d'exclusion maritime est tracée sur les cartes, car le volcan libère des gaz qui diminuent la densité de l'eau et pourraient faire couler des bateaux dont la flottaison serait ainsi fortement réduite dans ce mélange eau-gaz même lors d'éruptions mineures. 

En effet on constatera quelques semaines plus tard en passant en bordure de la zone d'exclusion maritime en allant aux Grenadines, que l'eau dans cette zone était d'un vert-bleu inhabituel avec des mouvements d'eau et de vagues bizzares. Le volcan devait cetainement relâcher des émissions gazeuses. Comme quoi il vaut mieux bien lire et respecter ce genre d'indications sur la carte. Nous avons été surpris qu'aucun navigateur rencontré ne l'ait observé.

En effet tout l'arc Antillais est une zone volcanique active et nous l'avons expérimenté dans l'appartement loué à St-Georges où il y a eu un soir un petit tremblement de terre faisant trembler les luminaires et les ventilateurs et inquiétant nos voisins qui n'en n'avait encore jamais vécu. Cela nous a rappelé des souvenirs d'Antigua au Guatemala, où là le tremblement de terre avait lézardé les murs en plusieurs endroit de la chambre dans laquelle nous dormions.

                        

Les Concorde's Falls, magnifiques chutes où l'on passe l'après-midi à sauter des rochers.

L'eau y est plus fraîche que d'habitude (25°C) et pas salée ce qui étonne les enfants.

Mais pourquoi ils font pousser des plantes dans leurs camions? demandent les enfants.

 

Grenade, surnommée l'île aux épices et célèbre surtout pour avoir été jusqu'au passage du terrible ouragan Ivan 2004, le 2ème producteur mondial de noix de muscade. On retrouve des muscadiers dans de nombreux endroits et surtout à l'ouest de l'île, moins ravagée à l'époque. La noix se trouve à l'intérieur d'une enveloppe jaune-orange qui ressemble à des abricots.

 

Autre arbre typique de l'île, le cacaoyer qui pousse un peu partout. En ouvrant la calebasse de cacao on peut sucer une pulpe blanche sucrée et légèrement acidulée qui entoure les fèves de cacao et qui est délicieuse comme le montre Nils.

Le chocolat noir de Grenade est très goûteux et parfumé d'épices et il ne fond pas facilement contrairement au chocolat au lait qui nous manque parfois.

Visite de Belmont Estate, une ancienne plantation et actuellement fabrique de chocolat. Voici le séchage des fèves de cacao débarrassées de leur pulpe, avant la torréfaction qui va faire se développer son arôme si caractéristique.

L'île est très volcanique avec 2 grands lacs qui se sont formés dans des cratères de volcans.

 

La végétation est dense et pleine de petit animaux très curieux tels cet oiseau-mouche ou ce lézard qui chercher à nous impressionner en gonflant son jabot. 

                         

                                Encore une belle cascade perdue dans la forêt.

Champs de cannes à sucre et cocoteraies font aussi partie du décor.

On est surpris du nombre d'églises de toutes origines qui foisonnent et de leurs imposantes constructions massives, alors qu'une partie de la population vit dans des cabanes en bois et en tôles. Mais quand on a la foi on ne compte pas...

Les deux frères en grande conversation.

Et nous voilà partis de Grenade, où l'on a été retardé par quelques réglages et soucis techniques. En route pour les Grenadines, où l'on va rejoindre les copains, on pêche un petit thazard qui fera juste l'affaire pour le repas du soir.

Et voilà, on retrouve Aloha Spirit aux Tobago Cays dans une chouette ambiance.

La "gang" des enfants comme ils disent.

Au revoir Aloha Spirit, on vous souhaite beaucoup de belles choses encore dans la suite de votre voyage et dans la remontée vers le Québec. On aura passé de supers moments ensemble toujours pleins de rires et de joie de vivre.

La fin de la saison des cyclones étant là, c'est un peu la migration des voyageurs vers le nord et l'on y retrouve les Wennig qui nous ont attendu au mouillage de l'île de Petit-Saint-Vincent.

On se balade sur l'île de Petite Martinique et on retourne à l'îlot de Morpion qui a changé de forme durant la saison des pluie, mais heureusement le parasol est toujours là pour la photo.

  

On achète des Red Snappers au pêcheur, car au prix où c'est, c'est même pas la peine de plonger les chercher, sauf pour le sport nous direz-vous. On achète aussi des tickets tombola aux écolières de Petite Martinqiue.

Les p'tits jouent à Yakari dans le carré pendant que les grands savourent une bière bien fraîche.

Journée promenade sur l'île de Mayreau, située à quelques miles des Tobago Cays. Casquettes, lunettes, en route les gambettes.

Céline et Erwann nous propose un délicieux barbecue sur la plage, c'était bon n'est-ce pas Tim?

Un autre jour c'est concours de cake au chocolat, heureusement qu'il y en avait deux, car il n'en reste plus une miette.

Belle plage de cocotier avec une pente douce et de l'eau turquoise. C'est là que Tim commence à apprendre à nager sans le gilet.

On propose à nos amis du bateau Wennig de venir avec nous à l'île de Tobago qui se trouve à 90 miles au sud-est des Grenadines, les fichiers gribs sont affirmatifs il y aura un bon nord-est et peu de houle, alors au près ça devrait le faire... En récompense on aura droit à un magnifique coucher de soleil avec un superbe rayon vert.  Puis on enchaîne les quarts de nuit, utiles car on est sur la route de pétroliers allant chercher cargaison au Vénézuéla. On atteind Tobago, de la République indépendante de Trinidad et Tobago, à 5 heures du matin, juste le temps de piquer un petit somme avant le réveil des enfants. Belle traversée éclairés par la pleine lune.

 

2013 oct.- nov. Grenade et les Grenadines
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