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2014 Ile de San Cristobal, Galapagos (avril)

Nous arrivons dans la baie de Puerto Baqueriro Moreno sur l'île de San Cristobal après 8,5 jours de traversée pas évidente. C'est dimanche et personne ne répond sur la VHF à la capitainerie. Tant mieux, les formalités attendront demain. Par contre, ceux qui n'attendent pas longtemps, ce sont les lions de mer qui trouvent les jupes arrières d'Oniva très attrayantes.

On se dépêche de barricader l'arrière du bateau avec des parre-battages et des cordes, mais sur la demande insisitante des enfants qui les trouvent tellement mignons et rigolos, on laisse finalement une jupe à disposition de ces charmants mammifères. On a notre mini-zoo à bord d'Oniva.

Elles auraient bien envie de sauter par-dessus la barricade. Le soir il faut fermer le hublot arrière tribord pour dormir car sinon cela sent la sardine jusque dans la cabine. De plus, en dormant les lions de mer éternuent parfois ou poussent des grognements en rentrant de leur chasse, ce qui nous réveille en sursaut.

Peu à peu, ils deviendront plus téméraires et finalement une nuit on est réveillé par un grand "boum" suivit de sauts dans le cockpit. On se lève et que voit-on? Un lion de mer qui s'est posé sur la banquette du poste de barre! Est-ce donc lui le nouveau capitaine?

On essaie de le faire fuir et il part sur l'avant du bateau et sur le trampoline où il fait un trou avec une de ses nageoires. C'est qu'elles ne sont pas légères ces bêtes-là. Pourchassé par le capitaine, il fait le tour du bateau pour finalement sauter dans l'annexe sur les bossoirs et plonger dans l'eau. Quelle agilité! En attendant, le pont et la banquette sont pleins de poils. Alors on nettoie puis on voit un autre bateau s'illuminer aussi et s'activer. Probablement une autre tentative. Une seconde fois un lion de mer passera par dessus (ou dessous?) les barricades durant la nuit suivante.

Nous garderons nos pensionnaires 4 jours, puis le gel-coat et le revêtement flexiteck commencent à se recouvrir d'un enduit gras brunâtre qui semblent s'incruster. Alors là Huaras trouve que le zoo a assez duré et qu'il faut en terminer avec l'Aqualand. Il passera 2 heures à frotter avec un produit corrosif pour essayer de faire partir cette graisse de phoque incrustée. Mais ce qu'on s'est amusé! 

Le mouillage est assez vaste et relativement protégé sauf quand les derniers jours de notre séjour, une grosse houle de sud-ouest y est rentrée créant des déferlantes sur les rochers et les plages. Impressionnant, c'était comme si on naviguait au mouillage.

Les formalités sont très poussées et surtout très coûteuses aux Galapagos. Pour avoir l'Autografo qui est une autorisation qui nous permet d'aller à 3 mouillages différents sur les 3 îles principales (San Cristobal, Santa Cruz et Isabela), ils nous en coûtera pour nous cinq, 1260 dollars US. Ainsi nous pouvons rester 2 mois aux Galapagos. Une alternative un peu meilleure marché (environ 900 dollars US pour 5), mais beaucoup moins intéressante, est de ne choisir qu'une de ces trois îles. Mais dans ce cas-là on ne peut y rester que 20 jours. L'Autografo doit se demander 8 semaines à l'avance via un agent auprès de l'autorité maritime à Quito en Equateur.

Nous avons pris l'agent Bolivar Pesantes, mais nous ne le recommandons pas car il est peu sympathique et très laconique. L'agent Ricardo Arenas semble bien mieux, car il autorise également ses clients à aller à une 4ème île, celle de Floreana. Mais cela on l'a su malheureusement après coup. Les règlements changent sans arrêt et les taxes augmentent chaque année apparemment.

Une règle qui semble être de rigueur, c'est qu'aucun bateau n'a eu le même traitement. Pour beaucoup, un plongeur est allé voir si la coque était propre sous l'eau, mais pas pour nous. Quand il est venu à bord, il venait de se sécher après avoir inspecté  3 autres bateaux, alors il n'avait pas envie de se remouiller. Certains bateaux ont même été renvoyés au large pour nettoyer leurs coques. D'autres ont eu des fruits et légumes confisqués alors qu'avec nous ils ont été étonnés de voir que j'avais épluché mes oranges et pamplemousses. L'Amérique latine, quoi...

Là surtout où on a trouvé que c'était vraiment une bande de rigolos, l'agent surtout, c'est quand il m'ont demandé des bières à boire et que j'ai dit qu'on n'en n'avait pas mais que je pouvais leur offrir de l'eau par contre. Sans blague, pendant le service!. Puis, ils ont été demander à Huaras qui avait fort à faire avec un autre galonné de service, qui leur en a donné quelques unes sans qu'il ait entendu ce que j'avais répondu quelques minutes auparavant. Le comble,c'est qu'ils les ont mis dans leurs poches et sont partis avec sans les ouvrir! Une fois ces tracasseries de cirque terminées et que tout ce petit monde soit parti faire les importants ailleurs, on a enfin pu profiter de ces îles.

    

Voici le comité d'accueil lorsqu'on débarque du water-taxi qui vient nous chercher sur appel au bateau. En effet, rien n'est prévu pour qu'on puisse débarquer avec nos annexes. De plus avec les 2 ou 3 mètres de marées et les lions de mer montant systématiquement sur tous les bateaux non-protégés et à fortiori les annexes, c'est plus pratique ainsi.

Visite de l'île avec un taxi et marche au sommet d'un volcan dont le cratère est rempli d'eau.

Le climat dans les hauteurs est très humide et il y a même des framboises. Tous les arbres sont recouverts de mousse.

Une grande tortue terrestre se promenant dans la réserve de tortues de El Guapaterra. Elles ont l'air de venir d'une autre époque et leur regard reptilien est peu communicatif, contrairement à celui des sympatiques lions de mer. Estimées à plusieurs centaines de milliers d'individus avant l'arrivée des premiers colons, elles ne sont plus que 2'600 sur cette île. Chassées par les premiers habitants, les tortues constituaient une source de viande importante. Sur San Cristobal la population fut décimée surtout à cause de l'avidité d'un seul homme, M. J. Cobos qui les tua pour vendre leur huile afin d'éclairer les rues des villes en Equateur à la fin du 19ème siècle. De nombreux bateaux de passage prélevèrent également une lourde taxe sur la population. Grâce à leur longévité remarquable sans boire ni manger, de nombreuses tortues furent emportées à bord pour servir de viande fraîche durant les longs mois de traversée. Mises sur le dos, certaines pouvaient encore vivre une année après.

L'histoire de la colonisation très tardive des Galapagos est toute à fait passionnante et en même temps souvent tragique. Certaines îles furent aussi employées comme colonies pénales. Cet archipel resta longtemps méconnu et peu attractif de par son manque d'eau douce et de sa difficulté à l'atteindre par bateau à cause des courants et vents contraires. Ceci nous avons pu le constater avec notre propre bateau. 

                               

Ces cactus géants comme des arbres sont une des nourritures des tortues. Selon l'altitude à laquelle on se trouve, la végétation varie beaucoup avec l'humidité ambiante. Le sommet des îles est très souvent dans la pluie et le brouillard, alors que les côtes sont ensolleillées et arides.

Magnifique plage de sable blanc très fin. On ne s'y attarde pas trop après la baignade car elle est infestée de taons.

Cette plage est plus sympa et mérite qu'on s'y attarde un peuplus longtemps en bonne compagnie, n'est-ce pas?

On adore leurs petites frimousses. Pas farouches et insouciants.

Pâques approchant, nous proposons aux enfants des bateaux français Suricat et Zouk de venir peindre des oeufs avec nous.

Voici quelques unes de leurs oeuvres.

Le dimanche de Pâques, fidèles à la tradition, nos trois familles partent voir s'il y a des lapins ou des cloches selon la nationalité, qui ont caché des oeufs. De l'avis des enfants, aux Galapagos, ce sont les iguanes marins qui ont caché les oeufs, car sur la plage il y en a partout.

Les enfants très fiers de leurs récolte. L'iguane au premier plan a aussi l'air très fier qu'ils les aient trouvés.

Et voici les parents de cette joyeuse ribambelle.

Un très large Ceiba. Le plus large de l'Equateur selon le certificat du président équatorien que nous montre le fier propriétaire.

Il y a même une super cabane en haut de l'arbre.

                                

Estelle avec un de ses déguisement préféré. Celui de docteur bien sûr.

Dans la baie, les lions de mer ont élu domicile sur un bateau de narco-trafiquants saisis par les gardes-côtes il y a une quinzaine d'années

Ils apprécient aussi beaucoup les bancs publics.

Et également la plage principale de la localité. Si vous n'aimez pas les lions de mer, il ne faut vraiment pas aller à San Cristobal, car il y en a partout.

Voici l'heure de la têtée. Les petits restent longtemps avec leur mères, car certains sont parfois presque aussi gros qu'elles.

Estelle en compagnie d'un lobo de mar (= lion de mer en espagnol) sur la plage de la Loberia qui porte bien son nom. Ils ne sont vraiment pas peureux. Dans l'eau ils sont très curieux et joueurs.

Quelques images sous-marines. En effet aux Galapagos il y a de très intéressants snorkeling à faire pour voir les animaux marins.

Une jolie pirouette de notre ami le lion de mer très curieux.

   

On quitte San Cristobal après 2 semaines pour l'île de Santa Cruz. En route, on ne résiste pas à la tentation de mettre les cannes à l'eau. Peu de temps après un magnifique wahoo (=thazard) mord à la ligne et après une certaine bataille, on le ramène sur le bateau. Il mesure 138 cm et pèse plus lourd que Nils qui pèse 24kg. On passera toute la traversée à préparer le poisson, à le découper en portion familiale pour le congélateur. Cela fera 14 portions de 800g au total. Lors de la traversée du Pacifique on en mangera encore plusieurs fois. C'est un excellent poisson, à la chair fine et sans arête. Le meilleur poisson qu'on ait pêché jusqu'à présent. Un vrai cadeau de la mer.

 

2014 avril San Cristobal, Galapagos
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