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2014 Panama puis retour aux San Blas (février-mars)

Nous quittons les San Blas le 19 février en nous promettant d'y revenir très vite, tellement nous avons aimé ces îles. Notamment les petits villages éloignés de la zone touristique et l'accueil qui nous a été fait de la part des indiens kunas, certainement grâce à la présence de nos trois petites têtes blondes. Notre passage du canal de Panama était programmé depuis longue date pour le 25 février avec nos amis suisses Jacques et Jacqueline Vaucher qui venaient nous aider à tenir les lignes dans les écluses.

Mais changement de programme: Huaras traversera le canal comme équipier avec nos amis sur un autre bateau (qu'il va falloir trouver) pour avoir une première expérience du passage, puis on retournera aux San Blas pour encore un mois avant de passer le canal à notre tour. Ces îles ne sont éloignées que de 80 miles du canal, alors en deux petites journées on y sera. Une navigation de nuit ne nous tentant pas avec tout le trafic qu'il y a à l'approche du canal.

L'entrée dans le port de Colon, ville côté Caraïbe du canal, est spectaculaire. C'est le port ayant le plus de trafic de l'Amérique du Sud. De nombreux cargos sont en attente à l'ancre déjà plusieurs miles avant d'arriver aux digues de l'avant-port. Il y a beaucoup de pétroliers, mais aussi d'immenses cargos avec des containers, des transporteurs de céréales et de voitures. 

On signale notre présence à la tour de contrôle du trafic maritime qui nous donne le feu vert pour traverser "le rail" des cargos qui se dirigent vers les premières écluses. C'est impressionnant de côtoyer de si près ces mastodontes des mers avec notre Oniva qui semble minuscule.

Avant d'arriver à Colon, nous avons fait une halte dans la vaste baie très protégée de Portobello. Elle a bien perdu de sa grandeur par rapport à l'époque des Conquistadors. En effet, cette ville était un centre important pour le transfert des richesses sur les galions espagnols, provenant du pillage des peuples de l'Amérique Centrale et du Sud. Pas moins de 45 flottes de bateaux lourdement chargés y transitèrent en un peu plus d'un siècle! De nombreuses fortifications témoignent de ce lourd passé.

C'est aussi l'endroit d'un pélerinage très connu en Amérique Centrale, celui du Christ Noir, où des pélerins viennent de très loin à pied et même parfois sur les genoux.

Le calme du crépuscule est interrompu par un concert de singes hurleurs, aux hurlements assez lugubres ressemblant à des lamentations de chiens. Ces singes peuvent se montrer parfois assez agressifs s'ils sont en quête de nourriture. Une amie en a d'ailleurs fait les frais en se faisant vilainement mordre à l'épaule.

En navigation, Estelle câline ses deux frères captivés par leurs lectures. C'est un moment de calme pour les parents!

 

Alors Delphine, à quoi penses-tu?

Après 36 heures de voyage depuis la Floride, via le Costa Rica, nos amis arrivent à la marina de Shelter Bay. Nous leur avons trouvé un passage, ainsi qu'à Huaras, sur un voilier anglais "Adina". Déjà les voilà répétant les noeuds de chaise, de taquet ou de cabestan qui n'ont pas de secret pour eux, ayant vécu eux-même dix ans sur un bateau en Méditerrannée.

Delphine restera avec les enfants à la marina pendant les 2 jours que dure le passage. Piscine, copains pour les enfants, courses de trottinettes, nettoyages, lessives, courses, école, on ne manque pas d'activité. Cette marina est très sympathique et très cosmopolite. La plupart des bateaux sont en partance pour de longs mois dans le Pacifique et les échanges d'informations sont très fructueux. L'ambiance est détendue et tout le monde se parle sur les pontons ou au bar. Cela nous rappelle l'ambiance qu'il y avait au Cap-Vert avant la transat.

La marina est située en bordure de la jungle et sur le site d'une ancienne base américaine lorsque la zone du canal était encore gérée par les Etats-Unis. Il y reste des ruines, quelques bâtiments occupés par l'armée panaméenne et de petites routes d'où l'on peut apercevoir des singes et de nombreux oiseaux, dont certains font des nids très originaux suspendus au bouts des palmes.

Nos trois "linehandlers" tout motivés juste avant la première écluse menant au lac Gatun.

                               

Jacques et Jacqueline retirent les lignes lorsque l'eau monte dans l'écluse. La nuit sera courte car la diane sera prévue à 5h30 pour accueillir le pilote qui aura finalement 2 heures de retard!

Le lendemain dans les écluses de Miraflores avec Tom et Susie les propriétaires d'Adina.

 

 

Le trafic des cargos est impressionnant, n'est-ce pas Jacqueline?

Jacques heureux de goûter aux joies de la navigation en direction des San Blas.

Les deux frères assoupis, ou à peu près, par les mouvements assez saccadés lorsqu'Oniva remonte contre vagues, courants et vents.

La Capitaine en second restaure l'équipage!

On profite des produits frais achetés à Colon.

Fini les immenses cargos, nous revoici au pays des "cayucos" ou "ulus" en kuna, superbes pirogues à voiles taillées d'un seul bloc dans un tronc. Les voiles elles sont coupées souvent dans des matériaux récupérés tels que bâches, tissus ou anciennes voiles de bateaux.

Chic! Encore quelques semaines dans ce bel archipel.

Coco Bandero, un magnifique mouillage.

L'érosion grignote gentiment ces îlots qui perdent des cocotiers après chaque orage. En effet ces côtes bien qu'étant situées en dehors de la zone cyclonique, elles sont néamoins sujettes à de violents orages. C'est un des endroits au monde où il y a le plus d'orages avec de spectaculaires éclairs. Nous avons rencontré plusieurs bateaux étant là depuis 2 ou 3 ans et presque tous ont reçu une fois la foudre durant la saison humide (mai à novembre).

Nos amis nous quittent après 8 jours à bord pour poursuivre le séjour sur un autre bateau-copain qu'ils avaient connu en Méditerrannée et qui est depuis 3 ans aux San Blas. C'est VANILLE avec Tom et Nadine. Ils connaissent très bien la région et nous les reverrons tous dans quelques jours pour un dernier souper chez une famille kuna. 

Isla Verde avec sa magnifique cocoteraie.

 

Une source d'eau douce. En effet sur la plupart des îles, si l'on creuse un peu on y trouve de l'eau douce à moins d'un mètre dans le sol. Ce qui est assez étonnant. Autrement, les Kunas s'approvisionnent en remontant les rivières jusqu'à ce que l'eau ne soit plus saumâtre. J'ai acheté quelques molas à cette sympathique dame. 

Nos amis de SURICAT passent au loin, on les rejoindra le lendemain.

Pique-nique ensemble à Coco Bandero.

Estelle est ravie de jouer avec sa copine Coline et sa soeur Eden.

On ne se lasse pas de ces îles superbes. En plus en ce moment il n'y a pas de moustiques et peu de yin-yin (mouches des sables).

Jacques depuis VANILLE nous prend ces quelques photos alors qu'on vient de pêcher un king maquerel. Gennaker et génois en ciseaux, manoeuvre pas très catholique mais bien acceptée en pays Kuna.

La petite princesse sur son bateau.

Belle pièce au bout de l'hameçon, non?

                      

                                    Nils, et surtout Tim adorent pêcher.

Le Capitaine ne ménage pas ses efforts pour mettre la meilleure voile adaptée au vent.

On arrive dans un groupe d'îles situées tout à l'ouest et protégées des vent, les Islas Robeson, au fond du Golf des San Blas. Sur ces îlots, plusieurs villages très traditionnels et densément peuplés se sont construits. Tôt le matin c'est un véritable ballet de pirogues qui se dirigent vers le continent pour aller cultiver leurs jardins dans la jungle.

Ces îles sont très plates et peuvent être innondées à la saison des pluies. Elles ne sont qu'à quelques dizaines de centimètres au dessus de l'eau.

En visite sur Isla Gerti.

Tom et Nadine apportent du poisson qui leur a été transmis par des villageois d'une autre île pour des membres de cette famille. La curiosité est réciproque et l'on peut échanger quelques mots en espagnol.

Une jeune indienne avec son bébé de 3 semaines. Elles ont souvent de belles parures en or finement ciselé et les mères allaitantes ne se formalisent pas quant à leur tenues, tellement il fait chaud.

Les villageois tentent tant bien que mal d'agrandir leurs îles avec tout ce qu'ils trouvent comme remblais. Mais malheureusement la plupart du temps ils le font simplement avec leurs déchets qui pour une part se détachent et vont s'amonceler sur les plages du continent.

Leur changement de mode de vie avec l'apparition du plastique, des cannettes, des conserves est en train de se passer trop rapidement et c'est une véritable catastrophe écologique qui se produit actuellement. Les Indiens Kunas jettent tout à la mer sans aucune prise de conscience qu'ils sont en train de détruire leur biotope. A plusieur reprises nous les avons vu déverser leurs poubelles directement dans l'eau, alors même qu'ils prennent soin de bien nettoyer leurs villages. C'est pourquoi nous avons garder les nôtres à bord pendant un mois au lieu de les donner aux Kunas contre une modique somme, comme le font certains plaisanciers. Sans jeter la pierre aux Kunas, le problème des déchets est récurrent dans toutes les Caraïbes et ailleurs aussi, mais ici il est encore plus choquant de la part d'une population qui a su vivre jusqu'à présent en harmonie avec son milieu.

Nous avons été très attristés face à ce problème qui, pour l'instant, ne semble intéresser personne. Il faut dire qu'ils ont déjà d'autres problèmes à régler. Nous avons compris pourquoi il n'y a plus aucune tortue marine alors qu'il y a tant d'herbiers et de plages propices à la ponte. A titre d'exemple, lorsqu'une fois j'ai distribué des biscuits aux enfants qui jouaient avec les nôtres, ils ont été surpris de voir que je reprenais les papiers des biscuits au lieu de les jeter dans l'eau.

Lorsque nous visitons les villages, il y a toujours une ribambelle d'enfants curieux et joyeux qui nous accompagnent.

En retournant sur Oniva, Nils nous dit qu'il a drôlement de la chance d'avoir tous les jouets et livres qu'il a et de pouvoir découvrir le monde en famille.

ONIVA et VANILLE avec une pirogue au loin (pour les bons yeux!).

Dans cette région il n'y a qu'une barque à moteur pour les quelques villages alentour et qui fait la navette entre les îles pour amener les enfants à l'école ou conduire les villageois sur d'autres îles plus éloignées.

Nous mangeons tous ce soir chez Bredio et Sipou, une famille kuna, amie de Tom et Nadine. Au menu: racines de yucca frites, bonites, potée d'ignames et de plantains. Tout cela a été cueuilli et pêché par Bredio.

Sipou fait la cuisine à même le sol. Les Kunas n'ont pas de table et rarement des chaises. Tout ce passe dans les hamacs.

La table en plastique sur laquelle on a mangé ainsi que le réchaud à gaz ont été offerts par un plaisancier afin qu'ils puissent proposer à manger aux bateaux de passages, leurs apportant ainsi un petit revenu.

Les gens sont très souriants et les enfants pleins de curiosité.

Une des filles de Bredio avec ses copines.

Nous resterons pluseiurs jours vers ce charmant village où le temps semble s'écouler au rythme de la pagaie.

Un îlot pour une famille et il n'y a pas besoin d'aller très loin pour pêcher.

Nils fait connaissance d'un jeune homme qui lui propose d'essayer son petit cayuco miniature. Il remonte bien au vent et est fabriqué dans du balsa, bois très léger. Très intéressé, Nils voudra le lui acheter pour quelques dollars avec son argent de poche. Résultat: on a deux garçons très ravis!

Voici la démonstration du fontionnement du mini-cayuco.

Les enfants du village viennent nous dire bonjour puis repartent. Certains savent à peine nager et cela fait souci à la maman que je suis!

Leurs cases sont faites sans un clou ou une planche, mais rien qu'avec des roseaux, des bambous et des palmes. On n'ose pas imaginer ce que cela donne les pieds dans l'eau à la saison des pluies.

Ces belles pirogues à voile nous plaisent beaucoup.

Tim, pêcheur en herbe,vient d'attraper un petit poisson avec ses mains et il tente de le fixer au bout de cette baguette.

 

                       

En compagnie de petites filles nous visitons le village de Bredio et Sipou qui abrite 9 familles.

Les garçons s'amusent sur l'eau l'après-midi après l'école.

Nos petites copines sont de retour vers Oniva.

La vue le matin depuis le cockpit.

 

Voici une histoire insolite. Tom et Nadine qui nous ont fait rencontrer Bredio, nous chargent d'une mission peu commune. Ils nous demandent si nous pourrions expliquer à Bredio, indien Kuna, comment prendre l'avion de Panama City à Marseille. Eux ne pouvant le faire car devant reconduire au bus nos amis communs les Vaucher puis devant sortir leur bateau de l'eau sur leur lancée. En effet , Bredio a été invité à venir en France en visite pendant un mois par une famille française qui a vécu sur un bateau dans la région durant plusieurs années. Comme ces gens ne sont plus sur place et que Tom et Nadine étant coincés par leur programme, ils nous demandent de le faire.

Munis des billets d'avions, d'un dictionnaire espagnol, de biscuits et de jus de fruits, nous nous rendons dans la case de Bredio qui nous installe dans des hamacs. Je lui explique alors tout depuis son départ de son île jusqu'à l'entrée dans l'avion à Panama City. Heureusement il parle bien espagnol et a déjà une idée de Panama, de la circulation, des immeubles.  Il a été jardinier pour une riche famille quelques temps avant son mariage et avant de décider que la vie sur son île était bien mieux pour fonder une famille que dans une triste banlieue pauvre de Panama.

Comme chaussures, il n'a que ces bottes en caoutchouc pour aller en forêt ou des nus-pieds. Je lui donne une paire de chaussettes pour qu'il n'aie pas froid dans l'avion et un beau t-shirt. Cela le fait sourire mais il est content! Nous lui disons qu'à Marseille lorsqu'il arrivera en avril, il ne fera pas si froid, alors que les nus-pieds vont suffire. Ainsi il n'aura qu'un petit bagage dans l'avion et ne devra pas enregistrer de valise. De toute façon il n'en n'aurait pas de valise. On insite bien sur le fait qu'il ne doit pas hésiter à demander aux gens s'il n'est pas sûr. Heureusement son avion fait escale à Madrid où l'on parle espagnol.

N'étant pas sûr qu'il aie vraiment d'argent à part ce qu'il lui faut pour prendre le bateau puis le bus jusqu'à l'aéroport, on lui donne des euros pour qu'il ne soit pas démuni avant d'arriver en France et qu'il puisse ramener un petit quelque chose à sa famille. Sa femme nous fait part du souci qu'elle a à ce qu'il trouve la vie meilleure en France et qu'il ne revienne pas. Nous la rassurons en lui disant que certes en France les gens ont plus de moyens qu'aux San Blas, mais qu'ils ont aussi beaucoup plus de stress et de contraintes, et que certainement ils ne sont pas plus heureux. Elle est sceptique et au fond nous aussi.  On se demande si le choc culturel que Bredio va subir en allant en France est vraiment bien pour lui et sa famille. Mais bon, c'est le choix de ses amis.

Heureusement le mois d'avril c'est la saison des fruits et le reste de la famille se chargera d'aller récolter dans les jardins dans la forêt ce qu'ils faut pour nourrir l'épouse de Bredio et ses quatre jeunes enfants.

Bredio est tellement content qu'il nous propose de nous emmener le lendemain matin visiter son jardin dans la forêt. 

On remonte d'abord avec notre dinghy une rivière sur 3-4 km et puis on continue à pied depuis l'endroit où d'autres pirogues se sont arrêtées. On aurait préféré y aller en pirogue, mais nous cinq plus Bredio aurions été trop lourds dans sa pirogue.

On franchit quelques ruisseaux, la forêt est dense et il y pousse une variété incroyable de plantes. Etonnamment le sol n'est pas trop boueux car on est en pleine saison sèche.  

 

Des plants d'ananas poussent le long du sentier. Nous arrivons à une zone fraîchement défrichée où ils vont planter du maïs. Ils n'ont pas hésité à couper cet arbre immense. Ils brûlent les plantes au sol puis attendent un mois avant de retourner la terre et de semer. Au bout de quelques années ils abandonnent l'endroit et recommencent ailleurs en prenant soin de laisser suffisamment d'espace entre deux jardins pour ne pas avoir d'érosion et conserver le biotope.

Après une heure nous arrivons aux jardins de la famille élargie de Bredio, ils sont 35 personnes à vivre dessus. Nous sommes impressionnés devant le travail à accomplir avant de pouvoir récolter. Ces indiens kunas sont de vrais cultivateurs. Ils plantent du maïs, du riz rouge, de l'igname, du yucca (=manioc), des bananes (4 espèces: douce, verte, plantain, figue), des ananas, du café, de la canne à sucre, des papayes, des haricots, etc... Ils cultivent aussi des plantes médicinales. La forêt regorge également de plantes et arbres sauvages tels que les manguiers, les cocotiers ou les palmiers.

Ils récoltent la sève d'un arbre, qui mélangée à du charbon de bois, sert de maquillage pour les femmes qui se peignent un trait noir traversant le visage au milieu depuis les sourcils. D'autres se peignent parfois les joues en rouge avec des pigments pour se protéger du soleil.

Les jardins ne sont pas très structurés et tout est planté ensemble dans un joyeux fouillis. Et comme tout pousse très vite, la forêt a vite fait de reprendre ses droits. On entend le cris des toucans et d'une multitude d'oiseaux. On croise un chasseur de tapir avec un gros fusil qui impressionne les garçons. Leur tapir est un peu notre sanglier chez nous.

On réalise que les Kunas vivent vraiment dans un petit paradis où chasse, pêche et culture leur permettent de vivre en autarcie pour autant qu'ils choisissent de continuer de vivre traditionnellement. Sitôt qu'ils veulent acheter des biens de consommation, ils vont devoir quitter  leurs îles ou travailler avec le tourisme pour gagner de l'argent. Les femmes en cousant des molas tant appréciés des touristes permettent ainsi d'avoir un petit revenu.

Au retour de la balade en forêt, le fils aîné de Bredio offre à Nils la pirogue-jouet, que son Papa lui a taillée, pour remercier Nils de lui avoir offert la veille quelques unes de ses petites voitures. Nils est  très content d'avoir reçu un si beau cadeau. Ils ont aussi une petit fille albinos de 2 ans. Elle reste toujours à l'intérieur et ne sort que le soir. Il y a 3 % d'albinos chez les Kunas à cause de la consanguinité. Les albinos sont respectés par les Kunas, une jeune mère m'a même fait voir son bébé pour me montrer qu'il avait la même couleur de cheveux que mes enfants.

Lorsqu'un(e) Kuna veut marier un non-Kuna il est exclu de la communauté. C'est une société matriarcale et les biens sont détenus par les femmes. Lorsqu'ils se marient c'est l'homme qui vient vivre dans la famille de son épouse. 

Voici la terrasse que Bredio a réussi à gagner sur la mer avec le ponton pour la pirogue et le robinet d'eau courante. Un vrai luxe, alors que dans d'autres villages ils doivent remonter la rivière pour avoir de l'eau douce. Les WC sont directement avec "vue sur mer" au bout du ponton. Dans la case sur la gauche de la photo c'est la cuisine où la plupart du temps Sipou cuit les repas au feu de bois. L'emploi du réchaud à gaz étant réservé lorsqu'elle reçoit du monde.

Le repas de midi est presque prêt. Soupe d'ignames et de bananes plantains.

Voilà le temps est venu de fait nos adieux. C'est une famille très attachante, qui nous a beaucoup appris sur le mode de vie des Kunas et nous espérons de tout coeur que leur avenir leur soit clément malgré les bouleversements que cette société traditionnelle va connaître ineluctablement.

Nous visitons encore le charmant village très bien préservé de Soledad Miria. Les drapeaux flottent dans les airs car nous sommes en pleine campagne électorale qui a lieu tous les 5 ans.

Les cayucos revenus de la pêche et des jardins avec aux loin les montagnes du Darien, vaste  contrée sauvage de jungle et de rivières avec des endroits si reculés que l'homme n'y est encore pas allé. Cela nous fait rêver, mais avec les enfants il faut être un tant soit peu raisonnable. 

Comme à chaque fois que nous visitons un village, très vite nos enfants sont entraînés dans des jeux par les autres enfants. Ici c'est une partie de football qui dégourdit les jambes de nos deux garçons. Nils commence même à parler quelques mots d'espagnol et le courant passe tout de suite.

Quelle belle pagaie, ça va avancer vite!

Le fonctionnement de la société Kuna est encore très traditionnel et les chefs des villages ont beaucoup d'autorité sur les villageois. Ils n'y a que quelques villages qui ont décidé de refuser la tradition. Mais dans un village que nous avons visité (Nargana) c'est assez triste de voir comment la télévision est devenu le principal passe-temps. Comme le dit très cette banderole ci-dessus dans le Congresso: "El pueblo que pierde su tradición, pierde su alma" soit: " Un peuple qui perd ses traditions, perds son âme".

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Les grands chaudrons pour préparer la Chicha dans la maison de la Chicha, deuxième bâtiment d'importance dans un village kuna. La Chicha est une boisson fermentée à base de canne à sucre qui est préparée pour différentes cérémonies rituelles, notamment pour célébrer le passage des jeunes filles à l'âge adulte. 

Ce petit pont en bois relie une extension du village. L'eau est omniprésente.

                        

                                   Certaines pirogues sont bien décorées.

Lorsque l'alizé forcit elles peuvent même aller assez vite.

Cette dame nous a invités à visiter son île qu'elle, sa soeur et leurs maris respectifs, sont en train d'aménager pour y héberger des touristes dans quelques rustiques bungalows. Elle me fait visiter la cuisine de son petit restaurant et très fière me montre son beau réfigérateur tout neuf. C'est le plus beau et un des seuls qu'on ait vu aux San Blas. Ils viennent de finir les travaux et sont prêts à débuter leur activité. Par contre aujourd'hui ils ne servent pas de repas, car les hommes n'ont pas eu le temps d'aller pêcher, occupés qu'ils étaient à finir l'installation des bungalows!

Si ce petit coin de paradis vous tente pour vos prochaine vacances, c'est sur l'île à gauche!

Pas à plaindre...

Dernier tour du mouillage au soleil couchant.

 

Tim fait sensation dans son beau "costume de bain" de pirate. Nous faisons toujours rire les Français avec nos "costumes de bains", il paraît qu'il faut dire maillot de bain!?

Voici aussi probablement le plus haut palmier de tout l'archipel, j'ai eu de la peine à le cadrer. 

Alors Tim, ils sont où ces dauphins?

Un capitaine heureux dans un cadre superbe.

C'est avec grand regret et beaucoup d'hésitation que l'on se décide à quitter les San Blas et leurs sympathiques habitants. Mais la saison avance et si on veut traverser cette année le Pacifique en direction de la Polynésie dans les meilleures conditions, il faut que l'on se mette en route en direction du canal de Panama pour de bon cette fois-ci.

                                            TAKEIMALO KUNA YALA!

                                         (Trad. Au revoir les San Blas!)

 

 

2014 fév.-mars Panama puis retour aux San Blas
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