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2014 Curaçao et Aruba (janvier)

Nous quittons l'île de Bonaire après une escale de plus d'un mois, la plus longue depuis le début du voyage. On se dirige vers les autres îles des ABC. Nous faisons un arrêt de quelques heures sur la petite île de Klein Curaçao, qui est très insolite. Le paysage consiste en une grande plage de sable blanc avec quelques paillottes, un cargo rouillé et échoué sur le récif et un grand phare qui mériterait un coup de pinceau. Puis on fait route avant la nuit en direction du mouillage de Spanish Water au sud de l'île de Curaçao, car il n'est pas permis aux bateaux d'y rester la nuit.

On a le plaisir d'y retrouver par hasard l'équipage québécois de Joréane. Comme ici la clearance douanière se fait à deux endroits et dans 3 bureaux distincts à 45 minute de bus dans la ville de Willemstad, et que tout ça semble assez compliqué, Ergyll et Johanne se proposent très gentiment de nous y guider. Après plus de 2 heures de formalités d'entrée, on va se restaurer tous ensemble d'une bonne portion de frites, une fois, sur les quais le long du canal.

Ce canal est parcouru sans arrêt par de très grands cargos ou pétroliers guidés par des bateaux pilotes. Il y a un pont piétonnier flottant qui s'ouvre à leur passage. C'est un spectacle qui intéresse beaucoup les enfants.

Willemstad, la capitale, tournée vers les canaux a des allures hollandaises avec les couleurs vives des Caraïbes. On y trouve une multitude de bijouteries et de magasins d'électronique hors-taxes car cette escale est très fréquentée par les grands bateaux de croisière. C'est une ville très animée par la présence de ces nombreux touristes.

Non ce n'est pas la Hollande, il fait bien 30°C et l'alizé est soutenu. Cela va d'ailleurs nous donner bien du fils à retordre pour se décider à choisir la date du départ en direction de la Colombie. Il va falloir saisir la bonne fenêtre météo et effectuer le bon choix de trajectoire pour parcourir ce tronçon qui sera certainement l'un des plus délicat de notre voyage.

On s'approvisionne au marché tenu par des vénézuéliens étant venus depuis le continent à bord de leurs lanchas. Le choix est varié et les produits frais.

Les alizés semblent se modérer pour 1 ou 2 jours. Etant impatients de continuer, on fait une halte au nord de Curaçao dans la jolie baie de Santa Cruz. Les cartes électroniques sont imprécises pour cet endroit. Croyant mouiller sur un fond net de tout obstacle, lorsqu'on va vérifier avec masque et tuba que l'ancre est bien accrochée, on a la surprise de voir qu'Oniva flotte à 1.5 mètres au-dessus d'une épave non-répertoriée d'un petit cargo. Ouf! On a eu chaud... Le soleil tombant et n'ayant plus envie de refaire une manoeuvre, on se contentera de reprendre un peu de chaîne afin mettre un peu plus de distance en nous et l'épave.

Le lendemain on est envahi par des centaines d'insectes minuscules, qui ne piquent pas heureusement. A Aruba ce seront les mouches qui nous tiendrons compagnie. Normalement c'est assez rares d'être gênés pas des insectes au mouillage, car il y a toujours de l'air, mais aux îles ABC (Aruba, Bonaire, Curaçao), les insectes ont l'air particulièrement vigoureux et très attachés à notre compagnie. Sans parler des moustiques de Bonaire qui rendirent parfois nos nuits difficiles.

On se décide à partir sans plus tarder pour Aruba. Les 45 miles de traversée seront vite envoyés avec plus de 25nds de vent arrière et relativement peu de vagues.

Ci-dessus et ci-dessous voici les deux premières images d'Aruba qui nous furent données. Elles sont loin du paysage idyllique qu'on peut se faire des îles des Caraïbes.

La première sont les gardes-côtes d'Aruba qui nous accostent avec leur hors-bord de 750CV par 25 nds de vent et alors qu'on file à plus de 8 nds sous voile réduite. Trois d'entre-eux sautent à bord avec leurs grosses bottes noires pour vérifier nos papiers. Nils et Tim sont intimidés car ils ont des gros pistolets. Mais finalement ils s'avèrent plus gentils qu'ils en ont l'air. Mais je n'ai quand même pas osé les photographier de trop près. Il faut dire qu'on est à 15 miles des côtes du Vénézuéla et que l'atmosphère est un peu tendue entre les deux pays à cause des trafiquants en tout genre et des immigrants illégaux.

La deuxième vision d'Aruba est les raffineries de pétrole. L'air est brumeux à cause des fumées qui s'en vont au large. Aruba est devenu un état indépendant des Antilles néerlandaises et ses sources de revenus sont principalement le traitement du pétrole brut venu de la grande zone pétrolifère de la baie de Maracaibo au Vénézuéla.

A côté du pétrole, il y a aussi le tourisme des bateaux de croisière et des grands hôtels de la partie nord de l'île. Cela donne des centres commerciaux et des zones touristiques très kitchs et pas tout à fait de notre goût. Mais on ne sera quand même par contre de déguster une bonne glace dans de l'air conditionné.

Même les nombreuses iguanes, se prélassant sur la promenade du bord de mer, trouvent le spectacle de ces géants des mers impressionnant.

Il y a aussi ce petit sous-marin touristique qui parcoure le mouillage de l'aéroport où nous sommes ancrés et qui ravi les enfants à chaque passage.

C'est la première fois depuis un an et demi qu'on ressort les pyjamas avec des manches. Il fait 25°C la nuit avec un air sec, ici aussi c'est l'hiver. La température de l'eau est descendue à 25-26°C on hésiterait presque à se baigner. Eh, oui! On dirait qu'on s'est tropicalisé et qu'on est devenu des grands frileux. En dessous de 29°C on trouve que l'eau est fraîche.

Ouf! Une relative accalmie météo s'annonce, on va pouvoir partir, après avoir étudié plusieurs fois par jour les fichiers météo depuis un certain temps. Heureusement ette escale à Aruba aura été brêve. Soyons franc, cette île ne nous a vraiment pas plus, sauf pour les crèmes glacées!

Pour faire la clearance de sortie on doit venir s'amarrer au port de commerce où les lanchas vénézuéliennes viennent décharger leurs cargaisons de fruits et légumes. 

On a tendu des aussières noires sur les côtés et sur l'arrière pour nous retenir en cas de faux mouvement lors des manoeuvres et comme sécurité suppplémentaire lors des quarts de nuit. Cela nous rappelle la transat. On a aussi ressorti et vérifié les sacs de survie avec la balise, le téléphone satellite, etc... Pour la première fois on prépare le tourmentin (petite voile de tempête de 10m2) à disposition sur le pont. Les biscottes, les bananes et le traditionnel plat de riz déjà cuit sont prêts pour caler les estomacs irrités si nécessaire.

Bref, on a sorti le grand jeu, on s'est préparé à pouvoir affronter des conditions sérieuses car on sait que l'accalmie ne durera pas longtemps et que de toute façon les fichiers de vent seront sous-estimés.

Un pétrolier faisant des exercices de manoeuvre fait demi-tour juste devant nous et nous recoupant la route une seconde fois, permet de tester le sang-froid du capitaine et de son second!

Tim fait une cure de bananes ce qui n'a pas l'air de lui déplaire.

Puis une dizaine de dauphins viennent virevolter devant nos étraves, un spectacle dont on ne se lasse jamais. Et c'est parti pour 260 miles de nav' en direction de Santa Marta en Colombie, soit 2 nuits en mer.

 

2014 janvier Curaçao et Aruba
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