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2014 Marquises nord (juillet)

Iles de Ua Huka, Nuku Hiva et Ua Pou

Traversée assez sportive depuis Hiva Oa en direction d'Ua Huka. Arrivée spectaculaire dans un décor sauvage où la mer se brise contre les falaises créant remous et embruns. On essaie de  mouiller dans une première baie, sans succès le ressac étant trop important. On va alors dans l'étroite et profonde baie de Vaipaee ci-dessus. L'ancre dérape et le mouillage est très agité, mais il est trop tard pour trouver mieux avant la nuit. Alors on mettra les alarmes de mouillage et on se réveillera plusieurs fois durant la nuit pour vérifier la tenue de notre ancre.

Sitôt le jour levé, on part en quête d'un abri plus sûr. A l'ouest de l'île, la baie de Havaei, en face de l'île aux oiseaux, nous ravira. Des milliers de sternes fuligineuses volent, pêchent, couvent sur cet îlot tout plat (voir photo ci-dessus) dans une cacophonie assourdissante. Les pêcheurs locaux viennent parfois avec de grands seaux  ramasser les oeufs qui sont très appréciés . Mais franchement on a goûté et on préfère les bons oeufs de poules.

Les mouillages de cette île étant inconfortables avec la houle du sud qui sévit ces jours, on écourte notre séjour et on traverse en direction de l'île de Nuku Hiva pour rejoindre nos amis du  catamaran Nomadeus.

                               

Superbe traversée, avec une belle dorade coryphène de plus d'un mètre à la clef. Notre petit pêcheur de Tim est ravi et a déjà presque oublié la mésaventure qui lui est arrivée quelques jours auparavant. 

En effet, Tim a bien testé notre aptitude à garder notre sang froid et les connaisances en médecine d'urgence de sa Maman. Notre garçonnet de 5 ans, féru de pêche comme vous le savez, va se planter un hameçon dans le majeur jusqu'à l'os. Il hurle, gesticule et c'est difficle de le calmer. Le hameçon est bien planté, nous sommes à 1h30 à pied de la première route et il fait déjà nuit. Autant dire qu'on va devoir se débrouiller tout seuls. Estelle est aussi en pleurs par solidarité avec son frère jumeau. Bref, après un premier moment de désarroi, Delphine se résout à sortir seringue et anesthésiant pour piquer autour de la plaie afin de pouvoir extraire sans douleur le hameçon qui semble croché profondément. Miracle, après quelques piqûres le produit est très efficace et Tim se met de nouveau à parler calmement avec Nils et Estelle qui le consolent.

Huaras, fort de son expérience de pêche au gros, se charge d'extraire l'hameçon du doigt de Tim qui s'en aperçoit à peine grâce à l'anesthésie. Une bonne dose d'antibiotiques suit car l'hameçon venait de servir, et Tim part pour une grande nuit de sommeil. On pousse un grand ouf de satisfaction d'avoir pu tirer d'affaire notre petit bonhomme avec les moyens du bord et on ne regrette pas les 4 caisses de médicaments et matériel médical embarqués au début du voyage.

La capture d'un beau poisson qui va remplir nos assiettes les prochains jours. C'est toujours un grand moment à bord d'Oniva. 

Arrivée dans la grande baie de Taiohae sur l'île de Nuku Hiva où se trouve la capitale administrative des Marquises. Une trentaine de voiliers sont là pour les fêtes du 14 juillet, mais ensuite la baie se videra et nous ne serons plus qu'une douzaine.

                                 

Tim adore cet endroit car il y a plein de pêcheurs et surtout de poissons. Les parents ont parfois des petits moments de stress lorsque les enfants s'approchent trop près du quai au moment où les pêcheurs vident les poissons. L'eau se met à bouillonner et une série d'ailerons apparaissent. C'est dans un tourbillon menaçant que les abats des poissons disparaissent. Les squales sont de bonne taille, ce qui interdit toute baignade au mouillage.        

Hauts plateaux à l'intérieur de l'île. Des forêts de pins ont été plantées pour l'exploitation du bois. Il fait beaucoup plus frais, les nuages s'y attardent, on se croirait presque dans le Massif Central.

Le Grand Canyon de Nuku Hiva.

Au nord-ouest de l'île, le climat est sec et le sol assez aride. C 'est là que des chevaux sauvages paissent encore en totale liberté. Mais ils sont farouches et il est difficile de les photographier.

                            

Nous effectuons un  tour de l'île en 4x4 par des pistes cahotiques en compagnie de notre amie Astrid (Nomadeus).

Eglise d'Aakapa avec des pics volcaniques étonnants.

Paysages spectaculaires de la baie d'Aakapa dont on ne se lasse pas.

Banian géant et sacré. Nous n'avions encore jamais vu un arbre de si grande circonférence avec toutes ses racines aériennes. Y voyez-vous Nils et son Papa agrippés aux racines? C'est le lieu d'un vaste site archéologique au dessus d'Hatiheu, dont seule une partie a été dégagée de l'épaisse végétation. Une dizaine de milliers d'habitants occupaient cette baie à l'époque, mais ils furent décimés en quelques années à l'arrivée des colons qui apportèrent notamment des maladies contre lesquelles les locaux n'avaient pas d'immunité.

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Gros plan sur les acrobates!

La baie de Colette.

C'est la saison des pamplemousses, le fruit marquisien par excellence, qui n'a rien à voir avec les grapefruits acides et amers des étals européens. Ce gros fruit sucré, juteux, rarement acide est un vrai délice. Sa peau épaisse permet de le conserver longtemps. Nous en prendrons plus de 40 pour aller aux Tuamotu. Ils poussent partout, tout comme les citrons.

                             

Un moment tant attendu: le changement de notre hauban cassé lors de la traversée du Pacifique ainsi que celui de bâbord, par une paire de haubans tout neufs commandés directement en France. Jérôme du bateau Nomadeus vient nous aider pour le changement. Incroyable! Ils sont de la bonne longueur! Oniva va de nouveau pouvoir voguer sans souci à notre grand soulagement.

La bande de copains de nos trois têtes blondes à Tahioae: Polina, Ksenia, Daphné et sa soeur, elles viennent de passer un an à l'école aux Marquises. Elles parlent français, russes, anglais et hébreu. Très cosmopolites. Leur jeu favori est de jouer au restaurant avec toutes les fleurs, fruits et légumes qu'ils trouvent. 

Belle barque de pêche, nommée ainsi d'après le nom du fils d'un pêcheur dont le grand-père était un imigrant Danois ayant marié une Marquisienne. Vous suivez toujours? Je présente notre Nils à ce pêcheur qui, tout fier, me montre une photo de son Nils à lui, beau soldat en formation à Mont-de-Marsan dans les Pyrénées. Quand je lui dit qu'avant de partir on habitait les Monts-de-Marsens en Suisse, cela le fait bien rire.

Femmes de pêcheurs préparant le poisson pour les acheteurs. Il faut être rapide et lève-tôt pour acheter du poisson car après 7h30 le matin, il n'y a plus rien. Les Marquisiens se lèvent vers 5h00 le matin et se couchent à 20h00.

Ecole de Zumba durant les vacances sur le terrain de sport.

                              

                        Belles pirogues effilées. C'est le sport national en Polynésie. 

En parlant sport, la Coupe du Monde de Foot au Brésil captive aussi les gens par-ici. Les matchs sont diffusés au petit snack sur le port au moyen d'un vieux téléviseur des années 80. Aujourd'hui c'est la finale. Alors, pour tous navigateurs que nous sommes n'ayant plus regardé de télévision depuis très longtemps, cela nous semble une curiosité à ne pas manquer! Surtout qu'à une trentaine devant un petit poste veillot c'est encore plus sympa!

Fête nationale du 14 juillet. Ici elle prend une tournure particulière, étant incluse dans les traditionnelles fêtes du Heiva, fêtes qui durent tout le mois de juillet en Polynésie. Certes les couleurs de la France y sont bien présentes, mais c'est avant tout un défilé des diverses associations, confréries, corps de métiers et écoles.

La voiture décorée par les pêcheurs.

Miss Taiohae 2014.

La directrice du centre aéré de Nuku Hiva.

Petites frimousses.

Les éleveurs.

"Cow-boy" marquisien habillé de ses tatouages. Le tatouage est omniprésent chez les Marquisiens. C'est un symbole de leur culture et il connaît actuellement une grande popularité aussi bien chez les hommes que chez les femmes, apès avoir été longtemps interdit par les missionnaires. Certains ont même le visage ainsi une grande partie de leur corps tatoué, ce qui les rend très impressionnants.

Le maire adressant un discours à Monseigneur l'Evêque de Taiohae (en chemise bleue), le Haut-Commissaire et Madame l'Administratrice de l'archipel des Marquises.

                                 

L'Administratrice des Marquises dans un costume très colonial à la française qui semble dater d'une autre époque.

Une troupe de danseurs.

 

Les femmes ont de magnifiques longs cheveux épais ondulés. Mais malheureusement les belles vahinés se font rares. Les sodas, la friture et l'inactivité ont fait des dégâts.

 

Ci-dessous, galerie de portraits du 14 juillet à Taiohae, que notre chère copine Astrid (photo de gauche!) a gentiment partagés avec nous.

 

  

 

Notre premier mousse à l'entrée de la Baie d'Anaho, au nord de l'île de Nuku Hiva.

Nous resterons plusieurs jours dans cette baie spectaculaire. Un adjectif qui revient souvent dans les descriptions des Marquises. L'écrivain R.L. Stevenson y séjourna quelque temps et en décrivit les habitants et leur histoire avec beaucoup de soin. Anaho, avec ses pics montagneux, ses plages de sable clair, ses récifs coralliens, sa baie protégée et ses restes archéologiques, est une de nos meilleure escale depuis le début du voyage. Un coin inoubliable.

Nos trois mousses pour la promenade du soir lorsque le soleil tape moins fort.

Tim à la pêche avec son gand chapeau, à Anaho, sur une des rares plages de sable blanc des Marquises.

Une pure merveille cette baie d'Anaho vue depuis le col menant à la baie voisine d'Hatiheu.

On remarque en transparence à fleur d'eau, le seul récif corralien des Marquises. De nombreuses raies mantas nagent avec nous dans la baie.

Plage à l'est d'Anaho, très exposée à la houle.

 

Les enfants ne se lassent pas de toutes les merveilles et curiosités qu'on rencontre dans cette nature abondante.

Que de chemin déjà parcouru en deux ans pour nos petites têtes blondes.

Les enfants locaux en vacances chez leur parenté d'Anaho.

Baignade avec les petits copains marquisiens.


Tout aussi spectaculaire, la baie voisine d'Hatiheu.

Les églises sont très présentes. On est toujours étonné de voir comme elles sont entrenues et l'assiduité des habitants à suivre la messe ou le culte.  Les gens y chantent beaucoup, souvent accompagnés d'une guitare ou d'un oukoulélé. Il faut dire que c'est souvent l'une des seules distractions des villages.

                             

Rencontre à deux reprises avec Yvonne dans son petit restaurant. Yvonne est la Maire du village d'Hatiheu et elle a contribué pour beaucoup à la mise en valeur des sites archéologiques de la baie. Elle a aussi fondé un petit musée local et s'est battue auprès de l'administration de Papeete pour que des pièces historiques importantes restent dans son village au lieu d'être envoyées au Musée de l'Homme à Paris. Nous avons passé toute une après-midi à l'écouter nous parler avec passion de l'histoire et de l'évolution de son île. 

Cette vénérable dame, pleine d'humour, nous a dit non sans malice, que parfois elle souhaiterait que le bateau qui vient toutes les deux semaines ravitailler les Marquises depuis Tahiti, saute quelques tournées pour que les gens locaux se remettent à chasser, cultiver et travailler comme d'antan!

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Le réseau routier est peu développé dans ces îles et sitôt qu'on s'éloigne du village principal ou de la route menant à l'aéroport, les routes redeviennent pistes ou sentiers. Dès lors, les habitants emploient encore souvent les chevaux pour se déplacer ou transporter les récoltes.

Estelle montre un grand intérêt pour les chevaux, comme la plupart des petites filles de son âge.

Le séchage du coprah, intérieur de la noix de coco mature, qui est ensuite acheminé vers Tahiti et pressé dans des huileries pour en retirer de l'huile, servant notamment à la fabrication du monoï. Les poules en liberté semblent aussi apprécier la méthode de fabrication et, sans doute, contribuent au goût très spécial de cette production.

Dans un des sites archéologiques d'Hatiheu.

 

Au pied d'un grand banian sacré, une profonde fosse où les victimes des cérémonies et des rites cannibales étaient mises en attendant leurs exécutions. Comment expliquer cela à un enfant de 7 ans. Pas tellement de possibilités d'adoucir l'histoire. Mais à notre grand étonnement, cela n'a pas eu l'air de trop le surprendre. Dire que les arrières-arrières-grands-pères de nos contemporains pratiquaient encore ce genre de rituel.

On a eu la chance de voire l'un des 200 derniers "pigeons" marquisiens dans la forêt. En fait de pigeon, il a plutôt la taille d'une poule et un sifflement très mélodieux et caractéristique.

Les fruits du cacaoyer poussent en pleine forêt. On a l'impression qu'on pourrait tout faire pousser sur ces riches terres volcaniques.

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On quitte les baies du nord de Nuku-Hiva pour finir notre tour de l'île.

 

Un barracuda a la mauvaise idée de mordre à la ligne. Ses dents accérées nous empêchent de le relacher et on remarquera plus tard, que son corps est tout mou, un des signes de contamination par la cigüatera.

La cigüatera est une intoxication lorsqu'on mange un poisson qui a accumulé dans son corps un micro-organisme sécrétant une toxine provoquant des troubles neurologiques et digestifs, notamment des démangeaisons et des fourmillements. Ce micro-organisme sécrétant cette toxine pousse sur des algues qui prolifèrent sur les coraux morts. La Polynésie est malheureusement l'un des endoits les plus touchés au monde. Mais elle s'accumule que dans certains poissons de récifs, les poissons du large n'étant pas touchés.

Donc, que faire avec ce poisson? De la pédagogie par l'exemple. Le soir, dans un mouillage désert, on décide de suspendre le poisson à une corde fixée au bout d'un bambou. Peu de temps après, un gros requin d'au moins 2.5m le saisit en une bouchée, emportant la corde et cassant le solide bambou. Puis, il jaillit puissamment hors de l'eau pour se défaire de la corde et du bambou. Spectacle effrayant pour nos chères têtes blondes qui se rendent enfin compte que les requins ne plaisantent pas avec la nourriture!

La vallée de Hakaui, au sud-ouest de l'île de Nuku-Hiva est un véritable jardin d'Eden. Elle est habitée par 9 personnes d' un même groupe familial. L'accès se fait en 30 minutes en bateau hors-bord ou en plusieurs heures par un sentier. Les habitants vivent quasiment en autonomie entre leurs cultures, la chasse et la pêche. Ils sont très besogneux. Toute la journée ils cultivent leurs magnifiques jardins qui tapissent la vallée.

                               

                                Tout pousse et les arbres croulent sous les fruits.

 

Arbres à piments d'oiseaux.

Ce sont de véritables jardins botaniques cultivés au pied de falaises de plus de 800 mètres.

En promenade dans la forêt le long d'une ancienne "voie royale" au pied d'un banian, on rencontre un Tiki fort sympatique que nos enfants prendraient presque comme copain!

La vallée se termine parla cascade de Vaipo, haute de 350 mètres, l'une des plus hautes du monde. Spectacle grandiose, mais dans la forêt, les nuages de nonos (insecte piqueur presque invisible) nous empêchent de trop nous attarder.

Rencontre avec Kua et Teiki, un couple sympathique et étonnant. Lui est un mélange de guerrier et de chasseur qui n'a jamais été à l'école et dit avoir vécu longtemps dans des grottes dans la forêt. Elle, au contraire, est très douce et instruite. On leur achète un superbe régime de bananes pour 7 Euros qui nous nourrira encore longtemps jusqu'aux Tuamotu.

On mange avec toute la famille, un délicieux repas préparé avec des produits de leurs terres ou de leur chasse: chèvre sauvage au lait de coco, manioc, arbre à pain, gelée de goyave et bien sûr comme boisson une eau de coco.

Teiki impressionne beaucoup les enfants avec sa façon de parler très passionnée et son visage à moitié tatoué.

Teiki et ses garçons rentrent de la chasse sous-marine avec de beaux poissons qui intéressent Tim.

Enfin nous repartons avec une quarantaine de gros pamplemousses et Kua m'offrira avec cela 5 kilos de citrons très parfumés. Avec tous ces agrumes, le scorbut ne nous guette pas encore.

Régime de 120 bananes! Il va falloir être inventif pour les apprêter sans que l'équipage ne se révolte d'en faire une indigestion.

 

Magnifiques costumes tout en végétaux et danses lors des manifestations du Heiva à Tahioae, "capitale" des Marquises. Mais lumière décevante dans les "baraques de juillet" pour faire de belles photos.

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C'est l'anniversaire de Polina, une petite russe voyageant avec sa famille en bateau. Toute une ribambelle d'enfants est réunie et passent un super après-midi.

Dans la cuisine du snack du port pour souffler les bougies.

Estelle offre notamment une petite stroumpfette à sa grande copine Polina.

Nils se fait guider par sa copine Ksenia.

Pendant que Tim pêche avec son copain Maxim en empruntant la canne à pêche de la dame.

Majestueux pics de notre dernière étape marquisienne: l'île de Ua Pou. Le littoral de cette ìle est malheureusement envahi par un type d'acacias en buissons qui ne laisse plus rien pousser d'autre. Malgré un centre montagneux très vert et spectaculaire, le reste est plutôt désolant car tout sec et envahi par cette broussaille impénétrable.

Nous faisons quelques balades puis, après une dernière prise de la météo, on décide de mettre le cap au sud en direction de "l'archipel dangereux" de Bougainville, celui des Tuamotu. Dès lors, cap vers les lagons aux eaux bleues et parsemés de pièges coralliens.

Paysages spectaculaires des pics volcaniques d'Ua Pou pointant vers le ciel comme les tourelles d'un château de conte de fées. 

Bye, Bye les Marquises, îles enchanteresses et attachantes. Ces deux mois aux Marquises ont passé très vite, tant ces îles sont passionnantes, regorgeant de merveilles naturelles, de sites archéologiques de toute bauté et avec des habitants si accueillants et sympathiques. C'est le coeur un peu serré que nous quittons cet archipel qui nous a tant apporté et captivé. Nous nous promettons d'y revenir un jour. 

 

2014 juillet Marquises nord
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