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2015 Tuamotu: Tikehau, Rangiroa, Apataki, Toau (sept.-octobre)

Après trois mois passés en Suisse, on retrouve Oniva qui nous a attendus sagement à notre marina favorite: la marina de Vaiare à Moorea en Polynésie Française.

                               

Le 28 août on arrive à l'aéroport de Faa'a à Tahiti vers minuit après 22 heures de vol via Los Angeles, 12 heures de décalage horaire et deux nuits d'escale un peu forcées à Paris à cause d'un ESTA pas en règle. Notre logeuse à Papeete nous fleuri de beaux colliers qui nous font un peu oublier le manque de sommeil et nos mésaventures. On prendra le ferry pour Moorea le lendemain.  

Heureusement, un ciel magnifiquement bleu, l'accueil des amis à la marina et le plaisir de se retrouver chez nous nous font vite oublier les aléas du voyage aérien. Pour les enfants c'est la fête. Ils retrouvent leurs cabines, leurs jouets et aussi leurs petites copines russes, rencontrées il y a 1.5 ans aux Marquises.

Les couchers de soleil sont superbes dans notre mouillage préféré, celui de la baie d'Opunohu, à Moorea. C'est un peu comme si on revenait "à la maison."

Le rangement du bateau et les travaux de maintenance nous occupent pendant de longues journées. Entre révision du moteur hors-bord de l'annexe, changement des panneaux solaires souples par des rigides, etc.. la liste est longue, car il faut que tout fonctionne parfaitement avant de partir dans les atolls peu peuplés des Tuamotu. 

On fait un gros avitaillement à Tahiti pour les 3 prochains mois et c'est aussi l'occasion de revoir quelques copains au mouillage de la marina Taina.

Nous voilà partis pour une traversée de 2 jours en direction de Tikehau, le premier atoll qu'on va visiter tout à l'ouest de l'archipel. La fenêtre météo est étroite et l'on ne pourra éviter d'essuyer quelques puissants grains. Grâce au ciel, ils finiront de remplir nos réservoirs d'eau douce avec le système de récupération de l'eau de pluie qui tombe sur le toit et que Nils a mis au point avec l'aide de son Papa. 

La zone située entre les îles de la Société et l'archipel des Tuamotu n'est jamais évidente à traverser, car elle peut se trouver dans la zone de convergence entre les vents venant du sud et les alizés venant de l'est. Les conditions météo peuvent varier rapidement avec des directions de vents pouvant changer brusquemment. Cela s'accompagne souvent de grains forts et cette année, avec le phénomène El Nino, ces perturbations sont accentuées. Pour l'instant cela ne nous inquiète pas encore trop car on est encore en dehors de la saison cyclonique, mais à partir du mois de novembre il faudra être très vigilant.

Après avoir subi une houle de travers de 2.5 à 3 mètres et un vent de 20 à 25 nds hors rafales, quel n'est pas notre bonheur de pouvoir jeter l'ancre dans le calme du lagon.

On ressort palmes, masques, tubas, canoë et on prend enfin le rythme tranquille de ces merveilleux atolls, bien abrités derrière un récif à l'intérieur du lagon protégeant cette ancienne petite ferme perlière. 

Moment de lecture pour les enfants dans la cabine de Nils avant d'aller se coucher.

Estelle a adopté ces deux gentils chiens laissés seuls sur ce motu pendant que leurs habitants sont retournés au village. Devant leurs airs affamés, on viendra leur donner nos restes de nourriture qu'ils avalent en quelques secondes.

Avec l'alizé qui a faibli, le canoë devient un très bon moyen pour partir explorer les motus déserts.

                                   

Pour se rincer de l'eau salée, Tim est maintenant un peu à l'étroit dans ce seau qui était sa baignoire favorite.

Superbe arc-en-ciel très bas sur l'horizon.

Le village de Tikehau est très étendu et bien entretenu avec des arbres fleuris partout.

On s'offre un bon repas, une fois n'est pas coutume, à l'un des seuls hôtels de luxe des Tuamotu avec bungalows sur pilotis. 

Cet atoll est un véritable aquarium avec une grande variété de poissons.

                                

On continue notre découverte en traversant en direction de l'atoll de Rangiroa. En route, on pêche deux beaux thons jaunes en même temps qui agrémenteront bien nos repas. 

On franchit la passe devant le village d'Avatoru sur l'atoll de Rangiroa.

C'est toujours un grand moment de découvertes lorsqu'on franchit une passe, car souvent les dauphins nous accompagnent et les remous créés par les courants nécessitent toute notre attention. Il nous est aussi arrivé d' y voir sauter des baleines (Fakarava) ou d'être suivi par une armada de requins gris (Apataki passe sud).

On fait de magnifiques snorkeling en se laissant dériver avec notre annexe dans la passe de Tiputa avec le courant rentrant. Raies mantas, requins, perroquets, poissons-coffre... un véritable kaléidoscope sous-marin. On accroche à l'annexe une planche de surf pour que les enfants s'y tiennent lorsque le courant accélère. On ne s'en lasse pas. 

                                    

Estelle retrouve sa copine Kim recontrée peu avant dans l'atoll de Tikehau. Les enfants ne restent jamais longtemps sans copains à bord. L'éphémérité des rencontres et notre mode de vie nomade depuis 3 ans et demi leur ont appris à nouer rapidement et facilement des contacts. Nous allons ensemble à la fête du Farerei Haga, où pendant une semaine il y a des spectacles de danses traditionnelles des atolls de la région.

La musique traditionnelle est très mélodieuse avec des ukulélés, des guitares, des percussions et des chants magnifiques. Tous sont parés de colliers ou de couronnes de fleurs et les danseurs sont habillés avec des végétaux ou des costumes brodés de coquillages.

Nous sommes admiratifs devant l'énergie, la joie et le plaisir qu'ils ont tous à se produire. On sent qu'ils y mettent beaucoup d'émotion.

 

Quelles belles vahinés!

C'est la fête pour toute la population qui d'ordinaire a peu de distractions.

La directrice des danseurs vêtue de son costume en tapa (écorce de mûrier étirée pour en faire un tissu) et de son collier de nacre.

                                    

Estelle a des étoiles pleins les yeux en compagnie de ces jeunes danseuses.

La vie des atolls est rythmée par l'arrivée des goélettes, nom donné aux caboteurs qui viennent toutes les 1 à 3 semaines approvisionner les atolls selon leur importance. Au retour, ils ramènenet à Tahiti les sacs de coprah récoltés et le poisson.

Le jour de l'arrivée de la goélette est encore vécu comme un jour de fête. Les étalages des épiceries se remplissent à nouveau. Les fruits et légumes frais disparaissent comme des petits pains et de nombreuses personnes se pressent au quai pour prendre livraison de leur commande. Tout le monde est très occupé et la monotonie de l'île est rompue. 

Mais n'est pas rare que la goélette ne puisse pas venir et "saute une tournée" pour cause de mise en cale pour réparation, de mauvais temps ou autres.

La passe de Tiputa à Rangiroa est connue mondialement par les plongeurs pour sa faune incroyable qui l'habite. Il y a plusieurs dizaines de grands dauphins et lorsque le courant est sortant, on les voit sauter et surfer les vagues créées par le courant. 

Des amis de Nouvelle-Zélande nous fixent un rendez-vous à l'atoll d'Apataki situé à un jour de navigation. On écourte donc notre séjour à Rangiroa pour les retrouver et sortons par cette fameuse passe à une heure proche de l'étale, où les mouvements d'eau restent néanmoins importants. Notre expérience de canoë-kayak en rivière nous aide à mieux choisir la trajectoire optimale.

La navigation dans cet archipel est très technique, car il faut composer avec les courants des marées dans les passes de sortie puis d'arrivée des atolls. De plus, la lumière doit être bonne pour naviguer dès l'entrée dans le lagon entre les récifs de coraux. Enfin, le vent doit être dans la bonne direction pour se rendre à l'atoll suivant à la voile et trouver un mouillage abrité. Durant ces trois mois de visite, il nous faudra souvent attendre plusieurs jours pour que des conditions de navigation acceptables soient réunies. De par ces caractéristiques, la préparation de la navigation nous occupe longuement et préoccupe souvent. Une grande patience est requise pour ne pas faire d'erreur.

C'est un archipel qui se mérite, mais dont la beauté nous récompense admirablement de tous ces efforts. Nous voilà au nord-est d'Apatki après avoir attendu de nombreuses heures avant de franchir la passe que le soleil se lève et que le courant dans la passe se calme.

L'équipage de Noce-Sei et leurs 4 enfants nous rejoignent quelques heures après. On les a rencontrés il y a un an dans un atoll des Tuamotu, puis retrouvé à Nelson en Nouvelle-Zélande au début  de 2015. C'est l'occasion de beaux moments ensemble pour petits et grands.

On passera plus d'une semaine ensemble à explorer les motus de l'atoll et le platier de la côte nord-est très sauvage de l'atoll d'Apataki.

Une magnifique pleine lune nous permet de voir presque comme en plein jour. Elle nous gratifiera même d'un arc-en-ciel de nuit! Avec les couleurs...

Chaque jour, on part tous en exploration pour récolter des bouées de pêche avec géolocalisation échouées sur le platier. Adrian apprend aux enfants à les démonter et leur explique les différents composants électroniques. Les journées passent à toute vitesse avec cette joyeuse équipe!

Qui voit Tim sur la photo? Réponse: il est juste au-dessus de la casquette de Nils entrain de chercher une bouée!

Nils est ravi de pouvoir fêter ses neufs ans avec ses copains.

Comme à l'accoutumée, une chasse au trésor avec charades et énigmes est organisée sur Oniva.

Le trésor improvisé est constitué des quelques plaques de chocolat qui nous restent encore de Suisse. Rien ne peut faire plus plaisir à tous ces enfants dans un coin perdu d'un atoll du Pacifique que du chocolat au lait!  

On récolte du combustible pour le barbecue du soir.

Et le soir on se régale de grillades. Un feu pour les enfants et un pour les parents... 

Avec une bonne bouteille! Santé les amis!

Bientôt, nos petits amis néo-zélandais doivent retourner à Nelson pour reprendre l'école. On les reverra dans quelques mois chez eux.

Depuis quelque temps, en navigation l'occupation favorite après la pêche est la lecture, pour le plus grand bonheur des parents.

Le vent virant plus à l'est on doit changer notre destination et s'arrêter à l'atoll de Toau. On pensait ne s'y arrêter qu'une nuit en route pour continuer vers l'atoll de Fakarava. Mais finalement nous y resterons 12 jours, bloqués par un  coup de Ma'aramu, un vent fort du sud-est, qui vient juste de la direction d'où l'on veut aller. Quand on disait que ce n'est pas évident la navigation par-là! Il ne faut surtout pas être pressé... 

Cela nous laisse bien le temps de sympathiser avec les 4 uniques habitants de l'atoll, ainsi qu'avec toute leur basse-cour!

Charmants ces petits cochons élevés au poisson, à la feuille de noni et à la noix de coco!

La cocoteraie de Gaston et Valentine n'a plus de secret pour nous, tout comme les parcs à poissons de Jean le pêcheur.

Chaque jour on prend la météo et chaque jour elle indique un Ma'aramu qui ne faiblit pas. Alors, on patiente et on en profite pour bien avancer le programme scolaire.

On fait causette avec Valentine qui habite l'atoll depuis toujours. Elle est contente que la coprah soit récoltée. Elle aussi n'attend plus que le vent faiblisse pour apporter sa récolte avec son mari Gaston à l'atoll de Fakarava où elle sera chargée sur la goélette pour l'acheminer à l'huilerie de Tahiti.

Valentine nous prépare un magnifique repas à base de langoustes pêchées par  Gaston, de poisson-perroquets et de noix de coco en compagnie de l'équipage de Norma, un catamaran venu de Nouvelle-Calédonie pour la 10ème fois. 

Même dans un coin perdu comme celui-là, l'OPT (office des postes et télécommunication) a mis voici 15 ans une cabine téléphonique reliée par satellite. A l'époque, l'atoll comptait encore une quarantaine d'habitants qui justifiait cet investissement. Maintenant, cela pourrait parraître insolite avec les 4 habitants restants, si elle n'était en panne...

Une des maisons abandonnées par ses occupants. Elles était faite avec de simples parois en feuilles de cocotier tressées, pas de quoi résister aux ouragans! Valentine m'explique qu'en 1983, lorsque le dernier gros ouragan est passé par-là, elle et sa famille avait creusé un trou dans le haut du mur vertical de la citerne d'eau et s'étaient réfugiés dedans durant 2 jours pour ne ressortir ensuite que pour constater que tout s'était envolé ou avait été détruit avec 180km/h de vent. Heureusement que depuis il n'y a plus eu de tel désastre. Mais elle nous confie qu'elle se demande si cette saison avec le phénomène El Nino elle va devoir y retourner!  

Tim et Estelle avec Rocky et son petit, les deux chiens de l'atoll. Ils viennent souvent se promener avec nous.

Le platier est la zone où les vagues de l'océan viennent se briser le long de l'atoll. Cette endroit est très riche en poissons, crabes, murènes et coquillages. C'est un beau terrain de jeu et cela nous permet de nous dégourdir les jambes en faisant de belle explorations.

On peut y marcher des kilomètres.

Lors d'une sortie avec l'annexe à l'intérieur du lagon, on nage vers "une station de nettoyage" pour les raies mantas. C'est un endroit précis où elle viennent se faire nettoyer de leurs parasites par des petits poissons. Jean le pêcheur nous l'a indiqué. C'est absoluement impressionnant, on compte jusqu'à 15 raies mantas en même temps, dont certaines font plus de 3.5 m d'envergure. C'est un spectacle incroyable... un des plus beaux moments de plongée.

On nage avec elles une vingtaine de minutes, puis elles deviennent de plus en plus curieuses en se rapprochant de nous qu'on fini par retourner dans l'annexe car elles nous frôlent de trop près et il y en a partout. Cela devient trop délicat de surveiller les enfants.  

 

Petites frimousses...

C'est la première évaluation de français pour Tim et Estelle qui ont commencé le CP (1ère année primaire) avec les cours à distance du CNED. Nos matinées sont maintenant très remplies avec l'école à faire aux trois enfants. Cela est plus facile qu'avec Nils, car ils ont déjà eu un avant-goût de l'école au début de cette année durant 3 mois en Nouvelle-Zélande. De plus, le fait qu'ils soient deux est plus stimulant pour eux.

Enfin le Ma'aramu a disparu et un vent du nord-ouest nous permet de repartir en direction de l'atoll de Fakarava, un de nos préférés avec sa célèbre passe-sud.

2015 sept-octobre Tuamotu
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