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2016 Tonga (août)

Arrivée aux îles Tonga après une traversée très calme de 2 jours et demi depuis l'île de Niue. On commence par mettre le Parasailor (spinnaker), puis les dernières heures se terminent au moteur. A l'approche de l'archipel de Vava'u on voit les premières baleines sauter au loin. On est en pleine saison de migration des baleines et on en verra à presque chacun de nos déplacements. Souvent elles sont en plein océan, proches des côtes, mais parfois elles viennent faire un tour à l'intérieur des baies. C'est chaque fois un grand moment pour tout l'équipage.

                            

                                               Estelle en pleine forme!

Le marché de Neiafu, on retrouve enfin des fruits et légumes frais en abondance pour la première fois depuis 2 mois et demi à Bora-Bora. Un bon plein de vitamines! Ce marché est la seule curiosité touristique de l'endroit qui autrement ne présente que peu d'intérêt. 

                           

Certains légumes ont une taille impressionnante, telles ces racines de taro chinois qui dépassent le mètre, ou encore de grosses racines de yam, de cassava ou de taro.  

On remplit plusieurs caddies de produits frais et on ne traîne pas trop, car il nous tarde de retrouver des îlots déserts et de belles plages.

Encore une belle courge que Tim rapporte au dinghy. 

Les Tongiens sont très indifférents face aux visiteurs et nonchalants. Cela nous surprend et contraste fortement avec l'accueil chaleureux que nous avons eu partout durant notre traversée du Pacifique commencée il y a 2 ans et demi. En plus le temps est très maussade, ce qui n'améliore pas le décor.

Par contre l'habillement traditionnel des habitants est très exotique pour nous. Longues jupes sombres pour hommes et femmes, surmontées d'une pièce de tapa tressé noué avec une ceinture en tissu. Cela n'avantage guère la silhouette massive de la plupart des gens. Les îles Tongas font parties des 10 pays au monde où la moyenne pondérale de la population est la plus élevée. Comme exemple, leur souverain récemment décédé qui pesait plus de 250kg! Et tout cela sans Mc Donald's!

                           

Les dames font de très beaux paniers en vannerie et on se laisse tenter par l'achat de quelques-uns. 

Une jolie réplique néo-zélandaise des embarcations traditionnellement employées à l'époque par les peuples maoris.

On retrouve avec plaisir l'équipage de Joalea qu'on avait rencontré pour la première fois en Colombie. Souvenirs, souvenirs...

Le soleil est revenu sur la côte est de l'archipel qui est très sauvage par endroit.

On fait la rencontre du bateau Yollata, où les enfants ont le grand plaisir de jouer avec leurs deux nouveaux copains. Estelle et Mollie nous montrent une moule géante découverte sur la plage.

Les garçons ne tardent pas à trouver pleins de jeux avec William. 

Promenade le long des falaises.

On prépare le foyer et on ramasse le bois pour organiser un grand barbecue avec les 7 autres bateaux du mouillage. Pour la première fois depuis la Polynésie française, le nombre des plaisanciers est en sérieuse augmentation. Nous sentons bien qu'à partie des Tonga, les archipels à l'ouest font partie du terrain de jeux favori des Néo-Zélandais et Australiens plus très loin.

On est content de passer encore quelques moments sympatiques avec nos amis du bateau Ganesh.

C'est le moment de l'apéro. De voyageurs, nous redevenons plaisanciers!

Belle flambée sous les étoiles.

En balade sur le platier après l'école du matin. Car même si les photos nous montrent souvent sur la plage ou en promenade, il ne faut pas oublier les longues heures passées dans la chaleur tropicale à faire l'école à nos chérubins. Cela demande une certaine motivation autant de la part des parents que de celles des enfants. 

Merci beaucoup à Corinne de Ganesh pour nous avoir transmis les quelques photos suivantes.

Un beau mouillage très protégé.

Nils adore se faire tirer sur sa planche de surf derrière le dinghy. Il commence à bien maîtriser.

Swallow Cave, une grotte impressionnante s'enfonçant dans la roche calcaire. 

Sous l'eau dans la grotte, le spectacle est envoûtant avec des milliers de petits poissons formant des boules immenses bougeant à l'unisson comme un unique animal.

Huaras plonge au milieu d'eux. Impression de "grand bleu" et moment mémorable...

Une autre magnifique grotte, qu'on atteint cette fois-ci en plongeant 2 à 3 mètres sous l'eau sans autre issue. Une fois dans la grotte, on observe un phénomène étonnant. Les ondes des vagues à l'extérieur de la grotte sont transmises à l'intérieur et à chaque nouvelle vague, le niveau de l'eau monte et comprime l'air ambiant. Cela crée une surpression, peu agréable pour les tympans, qui condense l'air en faisant apparaître un épais brouillard qui naît puis disparaît au rythme de la houle extérieure. C'est captivant et en même temps assez oppressant car l'air est très chargé en humidité. Nils, courageusement, vient avec nous mais on préfère laisser Tim et Estelle dans le dinghy à l'extérieur.

Cette étrange grotte a été nommée Mariner's Cave en souvenir de William Mariner, seul matelot survivant d'un bateau pirate anglais qui avait subi une attaque de la part des habitants cannibales à l'époque. Il avait eu la vie sauve à cause de son jeune âge, 15 ans. 5 ans plus tard il avait pu retourner en Angleterre et avait écrit son expérience de vie aux Tongas dans un récit édité en 1817.

L'archipel de Vava'u est parsemé d'îlots rocheux semblant flotter comme d'étranges paquebots en proie à l'érosion.

Une barque de pêche ramenée à terre avec un tapis de fleurs de tiare tombées lors de la pluie de la nuit précédente. 

On profite d'une éclaircie pour partir à la découverte du village voisin en empruntant des chemins forestiers. Il n'y a presque pas de routes goudronnées mise à part celle menant de l'aéroport au village principal.  

Vue depuis la place principale du village. Les cochons et la basse-cour sont partout en liberté. Les maisons sont modestes mais les jardins sont bien entretenus. Presque toutes ont de l'électricité grâce à des panneaux solaires individuels installés et financés par le Japon. On est un peu supris d'un tel équipement donné à toute la population par un pays étranger. On se demande dans quelle mesure la présence des baleines et les concessions de pêche en zone tongienne octroyées au Japon ne fait pas de cet équipement une petite compensation pour des profits bien supérieurs. La question reste en suspens... 

On rencontre un compatriote dans la Baie de Port Morelle. Les enfants sont tous contents de le remorquer en planche jusqu'à son bateau. 

Une maison traditionnelle toute en feuilles de cocotier. Très peu de personnes vivent encore dans ces habitations. Elles servent plutôt de maisons pour aller à la pêche ou aux récoltes.  

Le lagon très protégé dans un ancien cratère à Hunga Haven.

Sur les plages, on retrouve un grand nombre de pierres ponces qui témoignent de l'activité volcanique terrestre et sous-marine intense des îles Tonga. Une nouvelle île de plusieurs km2 a d'ailleurs récemment poussé à 60 mn au sud-ouest de la capitale. Des écrits de nombreux navigateurs rapportent aussi comment soudain ils se sont retrouvés entourés de pierres ponces en pleine mer suite à une éruption sous-marine. La zone de navigation allant des Tonga aux Fidji est hasardeuse, car il y a un nombre élevé de récifs en pleine mer non-indiqués sur les cartes. A éviter absolument. Le risque étant plus faible en traversant de Vava'u (Tonga) à Vanua Levu (Fidji), c'est la trajectoire que l'on choisi pour se rendre aux Fidji.

La saison est déjà bien avancée et la route est encore longue en direction de l'Australie qu'il faudrait atteindre d'ici le mois de novembre avant le début de la prochaine saison cyclonique. On se pose beaucoup de questions sur la suite du voyage et sur l'opportunité de mettre déjà des annonces pour la vente prochaine d'Oniva. 

Nous avons toujours prévu de terminer le voyage en bateau en Australie après 4 ou 5 ans de pérégrinations. Toutefois, l'envie de ne pas se presser, couplé aux conditions d'importation des yachts compliquées en Australie, nous conduisent à poser un regard neuf sur la fin que nous préférons pour notre voyage en bateau. Terminer un grand voyage en bateau est tout autant compliqué que d'en commencer un. Des choix importants doivent être faits qui vont bouleverser les habitudes de l'équipage. Nous ne sommes pas tentés de passer une nouvelle saison cyclonique sous les Tropiques. Nous ne souhaitons pas perdre du temps dans les chantiers et les marinas. Pas question non plus de conserver ce grand bateau de voyage des années durant en tant que souvenir nostalgique de cette tranche de vie, comme tant d'ex-voyageurs le font. Un bateau de voyage est fait pour être utilisé ou doit être vendu. Ne pas regarder dans le sillage... et aller de l'avant vers d'autres projets!

La traversée de 3 jours en direction des Fidjis nous permettra de mûrir notre réflexion sur les nouvelles opportunités qui se présentent. Affaire à suivre aux Fidji....

2016 08 Tonga
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